EXPRESSIONS RELIGIEUSES
"Vieux comme Mathusalem" ou "vieux comme Hérode"
Très vieux, très ancien.
"Vieux comme Mathusalem" ou "vieux comme Hérode" sont des expressions qui soulignent la longévité d'une chose ou d'une personne, elles marquent le caractère très ancien du sujet.
1.- Les expressions "vieux comme Mathusalem" ou "ça date de Mathusalem" trouvent leur origine dans la Bible. En effet Mathusalem (en hébreu מְתוּשֶׁלַח / מְתוּשָׁלַח / matushela'h) est célèbre pour être la personne la plus âgée mentionnée dans l'Ancien Testament. Fils de Énoch et grand-père de Noé, il aurait vécu de -3074 à -2105 (année du déluge) soit 969 ans! tous les patriarches qui le précèdent et qui le suivent ont vécu moins longtemps que lui (cependant il y a des records à 905 et 912 ans tout de même!).
"Mathusalem vécut cent quatre-vingt-sept ans et engendra Lamek. Après avoir engendré Lamek, Mathusalem, vécut sept cent quatre-vingt-deux ans et engendra des fils et des filles. Mathusalem vécut en tout neuf cent soixante-neuf ans et mourut."
Genèse (5, 25-27)
Notons pour l'anecdote que l'incompréhension du nom de ce patriache biblique a donné naissance à des formes plus ou moins cocasses comme par exemples:
- Var: Martin-Sara
- Valleraugue: Motusolen (Atger p.59)
- Languedoc: Matieu-Sarel et Marti-sarellos
2.- L'expression "vieux comme Hérode" trouve son origine dans la dynastie des rois de Judée (tous prénommés Hérode), qui régna du Ier siècle avant au Ier siècle après J.-C. Peut-être que la longévité de cette dynastie ou la durée de vie du premier des rois (-75 à -4) marqua les esprits ... quelle qu'en soit la raison cette expression s'utilise pour souligner quelque chose de très ancien tout comme la locution précédente.
Etre changé en statue de sel
Etre statufié si l'on désobéit.
Se dit comme une menace pour effrayer un enfant s'il regarde quelque chose de défendu.
Se dit comme une menace pour effrayer un enfant s'il regarde quelque chose de défendu.
Cette expression trouve son origine dans le livre de la Genèse dans la Bible. Dans ce texte la femme de Loth y est changée en statue de sel pour avoir désobéi aux ordres du Seigneur qui allait détruire la ville de Sodome.
Lorsque pointa l'aurore, les anges insistèrent auprès de Loth en disant: "Debout! Prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici de peur que tu ne périsses par la faute de cette ville." Comme il s'attardait, les deux hommes le tirèrent par la main, lui, sa femme et ses deux filles car le Seigneur avait pitié de lui; ils le firent sortir pour le mettre hors de la ville. Comme ils le menaient dehors, ils dirent à Loth: "Sauve-toi, il y va de ta vie. Ne regarde pas derrière toi, ne t'arrête nulle part dans le District! Fuis vers la montagne de peur de périr." [...] Le soleil se levait sur la terre et Loth entrait à Coar quand le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu. Cela venait du ciel et du Seigneur. Il bouleversa ces villes, tout le district, tous les habitants des villes et la végétation du sol. La femme de Loth regarda en arrière et elle devint une colonne de sel.
La Genèse (19, 15-26)
Faire du ramdam
Faire du vacarme.
L'expression "faire du ramdam" trouve son origine dans la déformation du mot arabeRamadãn. Le ramadan correspond à une période de l'année (le neuvième mois du calendrier lunaire islamique) durant laquelle les musulmans , conformément au Coran, observent une période de jeûne du lever jusqu'au coucher du soleil. La rupture du jeûne, s'accompagne chaque soir d'un festin et d'une fête nocturne.
Le mot ramdam est apparu vers 1890, il reprend la prononciation dialectale algérienneRamdãn et signifie "tapage". Notons que ce terme est repris dans divers argots, notamment chez les poilus pour qualifier un événement brutal, le désordre et chez les prostituées, vers 1918, où "aller au ramdam", "faire le ramdam" désignait les "amours physiques".
Un colosse aux pieds d'argile
Puissance ou personne semblant invulnérable mais s'appuyant sur des bases fragiles et peu sûres.
Cette métaphore est facilement compréhensible et ne nécessite pas grandes explications. En effet un colosse est un être extrêmement grand, d'une force extraordinaire. L'argile est une roche meuble, imperméable, grasse, facilement malléable; elle peut être façonnée et cuite afin de confectionner divers objets en poterie. Par l'association de ces deux mots colosse et argile on imagine bien une chose ou une personne gigantesque semblant invincible constituée entièrement de terre cuite et donc extrêment fragile et dont le moindre choc pourrait lui être fatale.
Cette expression trouve son origine dans la Bible.
Daniel prophète hébreu du VIIe siècle avant J.-C. avait était capturé, lors de la prise de Jérusalem, et emmené à Babylone comme prisonnier. Il sera choisi avec trois de ses frères pour être instruit et devenir un page royal de Nabuchodonosor, roi de Babylone. En plus de l'acquisition de l'écriture, de la sagesse et de la langue des Chaldéens, Daniel développa le don de prophète: il comprenait toutes les visions et tous les songes. Lorsque Nabuchodonosor se mit à faire des rêves qui le rendirent anxieux et lui enlevèrent le sommeil, seul Daniel (parmi tous les incantateurs, les conjureurs et les magiciens de la cour) fut capable de les décrypter et de les expliquer.
Le songe de la statue représente la dégradation progressive des empires humains avant le jugement final et l'avènement du règne de Dieu. L'or (Babylone) laissera sucessivement la place à l'argent (la Médie), puis le bronze (la Perse), et enfin le fer (l'empire d'Alexandre). L'empire romain se divisera en deux entre l'Egypte et la Syrie (le fer et l'argile) puis tout cela éclatera afin que Dieu installe son Règne.
Toi donc, ô roi, tu regardais; et voici une grande statue. Cette statue était très grande, et sa splendeur, extraordinaire. Elle se dressait devant toi, et son aspect était terrifiant. Cette statue avait la tête d'or fin, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses de bronze, les jambes de fer et en partie d'argile. Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans l'intermédiaire d'aucune main; elle frappa la statue sur ses pieds de fer et d'argile, et elle les pulvérisa. Alors furent pulvérisés ensemble le fer, l'argile, le bronze, l'argent et l'or; ils devinrent comme la bale [enveloppe du grain des céréales] sortant des aires [terrain où l'on bat le grain] en été: le vent les emporta et on n'en trouva plus aucune trace.
Daniel (2, 31-35)
[...] c'est toi qui es la tête d'or. Après toi s'élèvera un autre royaume, inférieur à toi; puis un autre royaume, un troisième, celui de bronze, qui dominera sur toute la terre. Puis adviendra un quatrième royaume, dur comme le fer: de même que le fer pulvérise et brise tout, comme le fer qui broie, il pulvérisera et broiera tous ceux-ci. Tu as vu les pieds et les doigts en partie de céramique de potier et en partie de fer: ce sera un royaume partagé, et il y aura en lui la solidité du fer, de même que tu as vu le fer mêlé à la céramique d'argile. Quant aux doigts de pieds en partie de fer et en partie de céramique: pour une part le royaume sera fort et pour une part il sera fragile. Tu as vu le fer mêlé à la céramique: c'est au moyen de la semence humaine qu'ils seront mêlés, et ils n'adhéreront pas l'un à l'autre, de même que le fer ne se mêle pas à la céramique. Or aux jours de ces rois-là, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et dont la royauté ne sera pas laissée à un autre peuple.
Daniel (2, 39-44)
Ce songe souligne la fragilité de l'homme, du pouvoir et d'un empire entier même s'il est puissant. L'homme se détruit lui-même par sa cupidité et sa soif de pouvoir, quelles que soient sa puissance et son étendue ses bases restent fragiles et l'érosion du temps lui est fatale. Un colosse quel qu'il soit risque d'avoir des pieds d'argile et un jour, la chute, inévitable et rude brise tous les rêves en puissance.
Faire la sainte Nitouche
Jouer les femmes chastes et innocentes.
Par extension, cacher ses défauts pour se donner un air innocent.
Par extension, cacher ses défauts pour se donner un air innocent.
Cette expression se comprend sans plus d'explication:"faire la sainte Nitouche" c'est ce donner un air de "ne pas y toucher", d' "affecter l'innocence". Il y a dans cette phrase (toujours péjorative à l'encontre de la personne visée) une idée de fausseté, d'hypocrisie reconnue par tous et montrée du doigt.
A noter qu' "en 1672, Gilles Ménage note doctement : « Nitouche est une corruption de “n’y touche”, composé de la particule “ne”, de l’adverbe local “y”, et de “touche” impératif ou indicatif du verbe “toucher”".
Cependant d'où peut provenir cette expression?
Une sainte est une personne qui a eu une vie exemplaire, qui, toute sa vie, a observé l'évangile tant moralement que religieusement et qui a été canonisée. Cette femme a donc vécu selon des préceptes de vertu, de prières et de respects de son contemporain. Sa vie se tournait vers les autres et non vers son propre plaisir. Une sainte n'approcherait donc pas les plaisirs de la chair, elle se consacrerait uniquement aux nourritures morales et spirituelles.
Ainsi par opposition à cette personnification de la perfection, une "sainte Nitouche"est une femme qui se veut être innocente, irréprochable et vertueuse bien que tout le monde connaisse sa véritable nature. Sainte Nitouche, qui n'existe pas, se trouve être la sainte patronne de tous ceux qui jouent les prudes!
L'expression "faire la sainte Nitouche" apparaît et sera popularisée dès 1534 par Rabelais dans "Gargantua":
Les uns cryoient: Sainte Barbe!
les autres: Sainct Feorges!
les autres: saincte Nytouche!
les autres: Sainct Feorges!
les autres: saincte Nytouche!
Un saint Thomas / Etre comme saint Thomas
Se dit d'une personne qui ne croit que ce qu'elle voit, ce qu'elle constate par elle-même.
Cette expression trouve son origine dans la Bible. Effectivement Thomas, disciple de Jésus, ne voulut pas croire à la résurrection du Christ. Pour constater par lui même la véracité des faits il demanda à Jésus de mettre le doigt dans ses stigmates et dans sa plaie sur le côté du thorax.
Cependant Thomas, l'un des Douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: "Nous avons vu le Seigneur!" Mais il leur répondit: "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n'enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirais pas!" Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison et Thomas était avec eux. Jésus vint toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d'eux et leur dit: "La paix soit avec vous." Ensuite il dit à Thomas: "Avance ton doigt ici et regarde mes mains; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d'être incrédule et deviens un homme de foi." Thomas lui répondit: "Mon Seigneur et mon Dieu." Jésus lui dit: "Parce que tu m'as vu, tu as cru; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."
Jean (20, 24-29)
Cette image de l'apôtre ne croyant pas son dieu est restée et a marqué les esprits; ainsi de nos jours, lorsque quelqu'un marque une franche hostilité vis à vis d'une situation qui lui semble douteuse on dit de lui qu'il est "un saint Thomas" ou qu'il est"comme saint Thomas".
C'est la croix et la bannière
C'est très difficile.
Se dit lorsqu'il faut surmonter des difficultés pour atteindre un but.
Se dit lorsqu'il y a une multiplication de complexités dans une situation.
Se dit lorsqu'il faut surmonter des difficultés pour atteindre un but.
Se dit lorsqu'il y a une multiplication de complexités dans une situation.
Au Moyen-Age une bannière était l'étendard sous lequel se ralliaient les personnes d'une même armée, d'une même confrérie ou d'une même paroisse. En ce temps où la religion était partie intégrante de la vie sociale et politique, il n'était pas rare de voir défiler des processions à travers toute la ville avec à leur tête la croix du Christ montée au sommet d'une hampe et les étendards de la paroisse ou de la confrérie ainsi que celui en l'honneur de la Vierge.
Ces processions, où les fidèles défilaient en grand apparat, nécessitaient une grande organisation, beaucoup de formalités, de règles à suivre, de respect hiérarchique ou honorifique en fonction de l'importance des personnes et des congrégations présentes ainsi que tout un appareil solennel. De ces difficultés d'entreprise pour arriver au jour de la procession est née vers 1690 l'expression ironique "c'est la croix et la bannière".
De nos jours cette expression garde le sens d'origine, en soulignant la difficulté d'une entreprise quelconque, ou la multitude d'obstacles que l'on rencontre pour atteindre un but précis mais le caractère ironique a disparu pour laisser la place à la simple expression d'un constat.
A ce sujet Guido Gezelle, poète flamand, a écrit:
Vivre ... Ce n'est demander ici-bas ni paix ni trêve. Vivre, c'est porter la bannière de la croix presque dans les mains de Dieu.
Année sabbatique
Année de congé prise dans une carrière professionnelle et salariée.
Cette expression vient d'un texte de la Bible où Dieu impose, à travers Moïse, aux fils d'Israël, aux animaux et aux terres cultivées une année de repos tous les sept ans.
Sur le mont Sinaï, le Seigneur adressa la parole à Moïse: "Parle aux fils d'Israël; tu leur diras : Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre observera un repos sabbatique pour le Seigneur: pendant six ans, tu sèmeras ton champ; pendant six ans, tu tailleras ta vigne ; et tu en ramasseras la récolte; la septième année sera un sabbat, une année de repos pour la terre, un sabbat pour le Seigneur; tu ne sèmeras pas ton champ; tu ne tailleras pas ta vigne; tu ne moissonneras pas ce qui auras poussé tout seul depuis la dernière moisson; tu ne vendangeras pas les grappes de ta vigne en broussaille; ce sera une année sabbatique pour la terre. Vous vous nourrirez de ce que la terre aura fait pousser pendant ce sabbat, toi, ton serviteur, ta servante, le salarié ou l'hôte qui sont installés chez toi. Quant à ton bétail et aux animaux sauvages de ton pays, ils se nourriront de tout ce que la terre produira."
( Le Lévitique 25,1-7)
De nos jours l'expression "une année sabbatique" se dit lorsqu'un salarié demande un repos exceptionnel afin de réaliser un projet personnel. Malheureusement tous les salariés n'ont pas encore ce droit!
C'est un Nicodème
Nigaud.
Homme simple, borné.
Homme simple, borné.
Nicodème est un juif pharisien docteur de la loi. N'osant voir publiquement le Christ il le côtoie la nuit pour lui poser ses questions. S'il semble bien maladroit, nigaud et faible au début du texte de Saint Jean (3,1-21), il deviendra sûr de lui, affirmera sa foi et sera un fidèle disciple du Christ.
Au cours du Moyen-Age un nouveau genre de théâtre se développe sur le thème de la religion. "Le mystère de la passion" d'Arnoul Gréban (1420-1471) est une pièce qui se joue sur 3 jours et comporte 35000 vers, elle fut reprise par Jean Michel (?-1501). Cette pièce, beaucoup jouée, met en scène un Nicodème particulièrement stupide qui ne comprend mot des enseignements du Christ. Rendu célèbre ce Nicodème faible et nigaud a donné naissance à la plaisanterie: un nigaudème.
Cette plaisanterie aujourd'hui disparue a laissé la place au personnage d'origine, ainsi lorsque l'on parle de quelqu'un de nigaud, de borné, un peu simple d'esprit on dit de lui que "c'est un Nicodème".
Etre en odeur de sainteté
Etre très apprécié.
Etre le favori.
Etre le favori.
La croyance catholique ancienne rapporte que les cadavres des Saints dégageaient une odeur suave de fleurs, de rose et non l'odeur caractéristique de la décomposition. Ceci rapproché au fait que les corps de certaines personnes saintes ne se sont jamais décomposés (sainte Bernadette par exemple) a entraîné l'expression: " Mourir en odeur de sainteté " soit mourir saintement, en état de grâce.
En outre, le mot grec odos - à l'origine du mot odeur - signifie la "voie", le "chemin". Ainsi, l'expression "être en odeur de sainteté" voulait dire "être sur la voie de la canonisation" grâce à une vie de perfection et de piété.
Aujourd'hui cette expression s'applique aux personnes qui bénéficient de l'estime de supérieurs, qui font figures de favori dans un groupe. "Etre en odeur de sainteté"s'emploie fréquemment de façon sarcastique, ironique ou envieuse à l'encontre de la personne visée.
Devoir une fière chandelle à quelqu'un
Etre redevable d'un service rendu dans un moment difficile.
Cette expression vient de l'époque où l'on faisait brûler des chandelles dans les églises au pied des statuts des saints en reconnaissance de l'aide apportée.
Le mot "fière" dériverait de "fidare" c'est-à-dire confier, vouer, se fier. Ainsi, dans l'expression "devoir une fière chandelle" il a une notion de fidélité, on brûle un cierge pour témoigner de sa foi en quelqu'un.
A cette période la chandelle était comme le pain et le vin, une denrée indispensable. Si les pauvres s'éclairaient aux chandelles de suif, les nobles eux utilisaient la chandelle de Bougie (Bgaya) en cire (du nom de la ville algérienne d'où est importée la cire). Elément rare et cher mais indispensable à la vie de tous les jours il était compté, ce qui explique que le fait de brûler une simple chandelle en échange d'un service rendu était la marque d 'une grande reconnaissance.
L'habit ne fait pas le moine
Il ne faut pas juger les gens selon leur apparence.
Pour nos ancêtres l'habit était le signe extérieur de leur rang social: la robe pour le moine, la tunique pour le serviteur, l'armure pour les chevaliers...Dès lors, il n'était certes pas malin de se faire passer pour un autre à cette époque.Dès le XIIIe siècle, le Pape Grégoire IX donnait son sens à l'expression dans "les Décrétales". "Le roman de la rose" versifie ce proverbe en soulignant prudemment la distinction entre l'être et le paraître, en effet Saint Jérôme en précise le sens en disant: "ce n'est pas à l'habit qu'on reconnaît le moine, mais à l'observation de la règle et à la perfection de sa vie."
Cette expression devenue célèbre fut reprise par Shakespeare dans "Henry VIII".
D'aucuns retrouvent l'origine de cette expression dans le fait que, le 8 janvier 1297, François de Grimaldi (dit François le Malicieux) s'empara de la forteresse de Monaco en se faisant passer pour un moine franciscain. Le blason monégasque retrace d'ailleurs cette épopée en y faisant figurer deux moines tenant l'épée.
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EXPRESSIONS POPULAIRES
Etre la lanterne rouge
Etre le dernier. Etre le perdant.
"Lanterne" est issu du latin "lanterna" lui-même emprunté au grec "lamptêr" ce qui désigne un "vase à feu où l'on brûlait des torches de résine ou du bois sec".
Son emploi pour désigner le fanal d'éclairage à l'arrière d'un véhicule date de 1835. De nos jours remplacé par "phare" l'emploi désuet du mot "lanterne" pour cette fonction ne subsiste que dans l'expression "être la lanterne rouge". Cette locution est à rapprocher de la lanterne rouge placée à l'arrière du dernier véhicule d'un convoi pour en signaler la fin (pratique encore existante de nos jours mais le plus souvent sous la forme d'un catadioptre ou d'un foulard rouge et ce pour signaler la longueur d'un matériel dépassant d'un seul véhicule).
Ainsi en rapport avec son ancienne fonction, "être la lanterne rouge" signifie être le dernier dans un convoi, être en queue de peloton soit être le perdant.
Etre marron
Etre attrapé, être fait.
Etre dupé, Etre refait.
Etre chocolat.
Etre chocolat.
L'adjectif "marron" est emprunté au caraïbe mar(r)on (=sauvage en parlant d'une plante ou d'un animal) lui même tiré de l'espagnol cimarron (=élevé, montagnard). L'origine de cimarron n'est pas définie, elle vient soit de cima (=cime) soit de cimarra(=fourré).
D'abord employé dans les Antilles, vers 1640, cet adjectif désigne un animal domestique qui s'est échappé et qui est retourné à l'état sauvage en s'enfuyant dans la montagne. Puis les colons, vers 1660, ont détourné ce sens premier pour désigner par "marron" un esclave noir qui s'est enfui pour recouvrer sa liberté.
"Etre marron" devrait donc signifier "être en fuite" est-ce par le fait que les esclaves étaient toujours rattrapés et châtiés que cette expression a pris le sens d'"être attrapé", "être fait"?....sans doute.
Par similitude au fait que la fuite de ces esclaves était considérée comme un acte répréhensible, le mot "marron" s'est affublé des couleurs de la malhonnêteté et de l'illégalité comme dans les expressions suivantes:
- "Un avocat marron" (1762) = un avocat véreux.
- "Un ouvrage marron" (1775) = un travail clandestin.
- "Etre paumé marron" (1815) = être pris en flagrant délit de vol.
L'expression "être marron" est à rapprocher de cette autre locution "être chocolat" par l'idée commune de la défaite et de la couleur. Cependant, dans la première il réside une idée d'illégalité tandis que dans l'autre c'est plutôt le sens de la duperie qui domine.
Etre connu comme le loup blanc
Etre connu de tous.
Au Moyen-Age, les loups étaient traqués, en général contre une forte prime, car ils représentaient une menace certaine pour les troupeaux et les enfants. Dans nos contrées les loups, de pelage gris ou noirâtre, étaient donc rapidement repérés; cependant comme dans toute espèce il existait des albinos. Ces loups blancs, très rares, frappaient doublement l'imaginaire populaire et faisaient donc abondamment parler d'eux.
Les auteurs ont depuis lors fait couler beaucoup d'encre en légendes, histoires fantastiques ou contes. En voici deux exemples:
- Rutebeuf (fin du XIIIe siècle):
Car ce siècle est si changé
Que un leu blanc a tous mangé
Li chevaliers loyaux et preux.
Que un leu blanc a tous mangé
Li chevaliers loyaux et preux.
- Maupassant:
Et bientôt une rumeur circula. On parlait d'un loup colossal, au pelage gris, presque blanc, qui avait mangé deux enfants, dévoré le bras d'une femme, étranglé tous les chiens de garde du pays et qui pénétrait sans peur dans les enclos pour venir flairer sous les portes.
L'expression "être connu comme le loup blanc", existante depuis XVIIe siècle, devient réellement en vogue dès le XIXè siècle dans le sens "être connu de tout le monde" comme le démontre cet extrait du Voyage à Sainte-Pélagie d' Emile Debraux (1823):"Je vous attendais, me dit-il ensuite. Quand je dis que je vous attendais, nous vous attendions, car vous êtes ici connu comme le loup blanc, et nous avons lu votre affaire dans les journaux."
Nous noterons que dans le Nord de la France , région productive en bières, on dit"être connu comme l'houblon"...celà est dû à une plaisanterie, un jeu de mot vis à vis de la forme picarde leu (loup) et favorisé par l'élision de li (le) qui se disait en patois local "être connu comme li leu blanc".
A pas de loups : Livre d'histoires fantaisistes et pétillantes d’imagination mettant en scène des loups. Bien sûr, ces explications sont à prendre avec la plus extrême prudence, car leur authenticité n’est pas garantie !
Voir rouge / Se fâcher tout rouge
Etre ou se mettre en colère.
Le rouge est une couleur qui a existé quasiment de tout temps (il suffit de voir les dessins des hommes préhistoriques peints en rouge-ocre sur les parois des grottes). Ainsi, au moyen-âge les couleurs de base sont le blanc (l'incolore), le noir (la saleté) et le rouge(la couleur).
Très tôt le rouge s'affuble d'une double symbolique:
- Le mal en le représentant sous la forme du feu (de satan) et du sang.
- Le bien lorsqu'il représente l'amour.
Peu à peu le rouge prend aussi la symbolique de la puissance et de la gloire, il devient LA couleur des puissants (le pape et ses cardinaux, les seigneurs et le roi...) au point que les teinturiers doivent avoir une licence spécifique pour l'utiliser.
Par la suite le rouge perd de sa superbe et devient la couleur du danger, de l'interdiction et de la révolution; en effet il suffit de se référer au drapeau soviétique ou à la signalétique routière pour l'observer encore de nos jours.
De manière générale le rouge garde une ambivalence dans sa symbolique entre l'amour et le mal mais son côté négatif (sous forme de feu, de sang, d'interdits, de passion) est tout de même fortement présent dans notre quotidien. C'est pourquoi les expressions "voir rouge" ou "se fâcher tout rouge" trouvent tout leur sens si on se réfère à la symbolique de destruction de cette couleur. Lorsque quelqu'un voit rouge ou qu'il se fâche tout rouge il est sous l'emprise de la colère, le sang lui monte au visage et son instinct de destruction s'anime il peut alors être très violent verbalement voire physiquement.
Notons que dans cette locution familière l'adjectif rouge (issus du latin rubéus: roux, roussâtre) a été adverbialisé, vers 1784, pour exprimer le fait de se mettre en colère.
Rire jaune
Rire de manière forcée pour dissimuler son dépit, sa gêne ou son mécontentement.
Le jaune est traditionnellement associé à la trahison, la maladie, la vilainie mais il n'a pas toujours été affublé de ce rôle d'infamie. De fait dans l'antiquité les Romains portaient aisément cette couleur.
Cette disgrâce associée au jaune se retrouve à partir du Moyen-Age lorsque l'or prend toutes les qualités positives de cette couleur: la couleur dorée est assimilée au soleil, à la chaleur puis par extension à la puissance, à la vie et à l'énergie.
Il ne reste plus qu'au jaune tous les aspects négatifs de cette couleur, il rappelle la maladie (ictère), la trahison (le vêtement de Judas est représenté en jaune), la méchanceté, la félonie (dans les bandes dessinées tous les malfrats ont un teint jaune) ...
Dominique Simonnet associe aussi l'expression "rire jaune" à la propriété du safran réputé pour déclencher des rires incontrôlables mais il me semble plus judicieux de trouver l'origine de cette expression dans le langage des couleurs; ainsi "rire jaune" signifie rire d'un rire forcé, non sincère.
Travailler au noir
Activités -salariées ou non- exercées de manières occultes en violation de la loi.
Travailler sans être fiscalement déclaré.
Cette expression n'a rien à voir avec l'esclavage du moins pas du peuple noir!!!
"Travailler au noir" trouve son origine au Moyen-Age. A cette époque, le travail était réglementé de telle manière qu'il ne soit effectué qu'à la lumière du jour . Hors certains maîtres faisaient travailler leurs employés le soir à la lueur des chandelles ceci dans un souci de rendement optimum et sans grande considération pour le bien-être des ouvriers.
Cette pratique étant interdite par la loi, ce labeur illicite s'appela "travailler au noir " en raison du contexte.
Un cordon bleu
Un(e) excellent(e) cuisinier (ière).
L'ordre du Saint-Esprit, institué par Henri III en 1578, ne comptait que 100 membres ayant tous au moins trois générations de noblesse paternelle.
Le cordon supportant la croix de l'Ordre étant bleu, les chevaliers de cet ordre étaient surnommés "cordons bleus".
L'ordre du Saint-Esprit a été aboli à la Révolution, rétabli par la Restauration et aboli de nouveau en 1830.
Lors des tablées de "cordons bleus" les repas étaient succulents. De "repas de cordons bleus" à "repas de cordon bleu" il n'y eut qu'un pas et cette expression désigna donc le talent du cuisinier hors pair qui officiait lors des réceptions.
De nos jours cette phrase s'adresse surtout en compliment à la cuisinière lorsque l'on a fait bonne chair.
Voir la vie en rose
Etre heureux.
Tout voir de manière positive.
Le rose est une couleur douce et gaie....apaisante; le fait de voir "la vie en rose" implique que l'on est dans un état d'esprit où tout est bon, tout est vu de manière positive.
Au contraire "ce n'est pas rose" ou "voir tout en noir" signifie que l'on est dans une situation difficile, que l'on est pessimiste, d'humeur mélancolique.
Dans notre langue, il y a de nombreuses expressions dont on ne connaît pas bien l’origine, ou dont on peut donner plusieurs explications "voir la vie en rose" en fait partie.
Frère Joël en donne une explication plausible sur le site de l'Abbaye Saint-Martin de Mondaye.
Sans garantie d’authenticité de l’explication, je vous en propose une. c'est une explication qui m’est suggérée parce qu’au beau milieu de l’Avent, il y a ce troisième dimanche, dimanche du « Gaudete » pour lequel la tradition liturgique, même si elle n’est pas obligatoire, suggère que les ornements que revêt le prêtre soient de couleur rose, alors que dans ce temps de l’avent, on utilise la couleur violette, sévère et austère, voire même funèbre, qui indique aux chrétiens que ce temps de l’Avent comme celui du carême d’ailleurs est un temps de préparation personnelle, qui ne va pas sans une certaine pénitence, ou mieux une certaine ascèse, pour employer ce beau mot grec qui fait penser au travail de l’artisan qui façonne une pièce. Oui, nous nous façonnons en quelque sorte pour nous préparer à la grande fête de Noël, et comme tout travail, cela demande un certain effort. Or tout effort ne peut pas, ne doit pas être continu, sinon ça risque de casser, et voilà qu’au milieu de l’Avent, il y a comme une pause et une pause joyeuse : “Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche.” Un peu comme ces randonneurs qui en pleine grimpée s’arrêtent pour souffler un peu et lèvent les yeux pour regarder, pour contempler le but de la randonnée ou de l’escalade.
Car il convient de souffler un peu et de regarder au loin,(...) là-bas, peut être pas si loin que ça, il y a la promesse de l’aurore, l’horizon se colore en rose. Et cela déjà chasse les nuages et me remplit de joie. (...)
Montrer patte blanche
Prouver son identité.
Etre recommandable.
Démontrer sa bonne foi pour obtenir quelque chose.
Démontrer sa bonne foi pour obtenir quelque chose.
L'origine de l'expression "montrer patte blanche" viendrait de la fable de La Fontaine"Le loup, la chèvre et le chevreau" elle même inspirée d'Esope " D'un chevreau et d'un loup". Dans cette fable le loup se fait piéger et repart affamé mais le conte populaire retranscrit par les frères Grimm a fait du prédateur un animal intelligent et fourbe qui arrive à se nourrir des sept chevreaux.
Dans ces deux récits la chèvre partie en quête de nourriture laisse ses chevreaux seuls à la maison en leur recommandant de se méfier du loup. Le loup alléché par les petits frappe à la porte de la maison mais ne peut montrer, par la fenêtre, une patte blanche comme la chèvre. Dans la fable, il repart sans se sustanter d'un chevreau mais dans le conte il trempe sa patte dans la farine et dévore ainsi les naïfs petits.
"D’un Chevreau et d’un Loup"
Une Chèvre sortit de son étable pour aller paître, recommandant très expressément à son Chevreau de n’ouvrir la porte à personne durant son absence. À peine était-elle sortie, qu’un Loup vint heurter à la porte de l’étable, contrefaisant la voix de la Chèvre, et il commanda au Chevreau de lui ouvrir. Cet animal profitant des leçons de sa mère, regarda par une ouverture, et reconnut le Loup.
– Je n’ouvrirai point, lui répliqua-t-il; car quoique tu contrefasses la voix d’une Chèvre, je vois bien à ta figure que tu es un Loup, et que tu ne cherches qu’à me dévorer.
– Je n’ouvrirai point, lui répliqua-t-il; car quoique tu contrefasses la voix d’une Chèvre, je vois bien à ta figure que tu es un Loup, et que tu ne cherches qu’à me dévorer.
Esope
Voir toutes les couleurs de l'arc en ciel
Etre "sonné".
Recevoir un coup violent sur la tête.
L'expression "Voir toutes les couleurs de l'arc-en-ciel" signifie que nous avons été choqué de manière importante, en tout cas, suffisamment pour nous laisser dans un état second, qui se traduit par exemple par une altération de la vision.
Il ne faut cependant pas s'attendre à apercevoir un arc-en-ciel (dont les couleurs, je le rappelle, sont : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet). L'altération de la vision se manifeste plus par des "tâches" blanches sur fond noir.
On dit aussi "voir 36 chandelles".
En mettre sa main au feu
Au Moyen-Age, l’épreuve du feu permettait de prouver ou non l’innocence ou la culpabilité de quelqu’un : le suspect devait porter une barre de fer fougie au feu...si ces mains ne portaient aucune trace de brûlure, il était absous.
Se faire l’avocat du diable
L’expression vient du Vatican. On appellait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation
L’expression vient du Vatican. On appellait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation
Tenir le haut du pavé
Autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser.
Autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser.
Se mettre sur son "trente et un"
Il existe deux versions. L’expression viendrait du drap de trentain, tissu de qualité et coûteux. Une autre version lui attribue son origine au jeu de carte le "31", très en vogue au XIXème siècle. Le 31ème point étant le gagnant.
Il existe deux versions. L’expression viendrait du drap de trentain, tissu de qualité et coûteux. Une autre version lui attribue son origine au jeu de carte le "31", très en vogue au XIXème siècle. Le 31ème point étant le gagnant.
Sous l’égide de...
L’égide était le bouclier de Zeus recouvert de la peau de la mythologique chèvre Amalthée.
L’égide était le bouclier de Zeus recouvert de la peau de la mythologique chèvre Amalthée.
Athéna y avait fixé pour son père la tête de la Gorgone, lui garantissant ainsi l’invulnérabilité.
Des yeux de lynx
Rien à voir avec le superbe félin ! Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote d
Rien à voir avec le superbe félin ! Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote d
Une image d’épinal
Vient du nom d’un imprimeur à Epinal, dans les Vosges, qui, pendant la révolution, devint célèbre en imprimant des images populaires, très colorées et naïves.
Vient du nom d’un imprimeur à Epinal, dans les Vosges, qui, pendant la révolution, devint célèbre en imprimant des images populaires, très colorées et naïves.
Une voix de stentor
Stentor était un guerrier grec dont la voix était aussi forte que 50 hommes
Stentor était un guerrier grec dont la voix était aussi forte que 50 hommes
Etre médusé
Vient de la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croi
Vient de la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croi
Etre laconique
Les habitants de la Laconie, les spartiates étaient réputés pour leur austérité de moeurs mais également de langage, d’une rare briéveté. Ainsi, pour annoncer à leurs concitoyens la victoire sur Athènes et la fin de la guerre du Péloponèse, ils se contentèrent de dire : "Athènes prise".
Les habitants de la Laconie, les spartiates étaient réputés pour leur austérité de moeurs mais également de langage, d’une rare briéveté. Ainsi, pour annoncer à leurs concitoyens la victoire sur Athènes et la fin de la guerre du Péloponèse, ils se contentèrent de dire : "Athènes prise".
Etre sur la sellette
Au XVIIème siècle, la sellette était un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir l’accusé. Le siège était si bas qu’il faisait prendre au-dit accusé une posture humiliante.
Au XVIIème siècle, la sellette était un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir l’accusé. Le siège était si bas qu’il faisait prendre au-dit accusé une posture humiliante.
Une loi draconnienne
Du nom du législateur Dracon qui donna ses premières lois à Athènes (VIIème siècle av JC). Elles étaient si dures (la mort était la sentence pour toute faute, si minime qu’elle fut) qu’on les disait "écrites avec du sang".
Du nom du législateur Dracon qui donna ses premières lois à Athènes (VIIème siècle av JC). Elles étaient si dures (la mort était la sentence pour toute faute, si minime qu’elle fut) qu’on les disait "écrites avec du sang".
Brûler ce qu’on a adoré
C’est à l’occasion du baptème de Clovis (et de ses 3000 guerriers) que cette phrase a été prononcée par l’évêque Saint Rémi : "Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré".
C’est à l’occasion du baptème de Clovis (et de ses 3000 guerriers) que cette phrase a été prononcée par l’évêque Saint Rémi : "Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré".
Battre la chamade
Rien à voir avec le battement d’un coeur amoureux : la chamade était un signal militaire que donnait les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre ou engager des pourparlers.
Rien à voir avec le battement d’un coeur amoureux : la chamade était un signal militaire que donnait les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre ou engager des pourparlers.
Une égérie
Egérie était une nymphe qui était la conseillère du légendaire roi de Rome, Numa Pompilius. Elle lui dictait des lois qu’il appliquait ensuite pour Rome.
Egérie était une nymphe qui était la conseillère du légendaire roi de Rome, Numa Pompilius. Elle lui dictait des lois qu’il appliquait ensuite pour Rome.
Une panacée
Vient du Grec "pan", tout et "akos" qui signifie remède.
Panacée était une déesse grecque qui savait soigner toutes les maladies.
Le serment d’Hippocrate que prononce encore les médecins commence ainsi : "je jure par Appolon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée..."
Vient du Grec "pan", tout et "akos" qui signifie remède.
Panacée était une déesse grecque qui savait soigner toutes les maladies.
Le serment d’Hippocrate que prononce encore les médecins commence ainsi : "je jure par Appolon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée..."
Une vérité de La Palice
Le courageux Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice est mort au combat à Pavie en 1525... c’est tout ce que l’on sait de lui. Ses soldats composèrent une chanson vantant ses mérites de preux guerrier. Celle-ci fut déformée et transformée par on ne sait qui et demeure associée au personnage historique : "Monsieur de La Palice est mort, est mort devant Pavie, un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie.
Le courageux Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice est mort au combat à Pavie en 1525... c’est tout ce que l’on sait de lui. Ses soldats composèrent une chanson vantant ses mérites de preux guerrier. Celle-ci fut déformée et transformée par on ne sait qui et demeure associée au personnage historique : "Monsieur de La Palice est mort, est mort devant Pavie, un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie.
Se mettre en rang d’oignons
Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés !
L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour des valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : "serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs"... et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés !
L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour des valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : "serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs"... et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
S’en moquer comme de l’an quarante
Il s’agit en fait de l’an quarante du calendrier républicain.
L’expression vient des royalistes qui ne croyait pas que la république survivrait cette année de l’an quarante. Elle se rapproche d’une expression utilisée depuis les Croisades : "s’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)".
Il s’agit en fait de l’an quarante du calendrier républicain.
L’expression vient des royalistes qui ne croyait pas que la république survivrait cette année de l’an quarante. Elle se rapproche d’une expression utilisée depuis les Croisades : "s’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)".
Un capharnaüm
Capharnaüm était une ville de Galillée dans laquelle Jésus guérit un paralytique. La foule, se pressait à tel point autour de la maison que les porteurs du paralytique durent faire un trou dans le toit pour faire passer la civière. la maison était bondé, le toit percé, des gravats...
Capharnaüm était une ville de Galillée dans laquelle Jésus guérit un paralytique. La foule, se pressait à tel point autour de la maison que les porteurs du paralytique durent faire un trou dans le toit pour faire passer la civière. la maison était bondé, le toit percé, des gravats...
Passer sous les fourches caudines
Subir une énorme défaite.
Etre humilié.
Etre humilié.
Selon Le Franc-Parler, livre de Michel Lis et Michel Barbier, l'expression "passer sous des fourches caudines" fait allusion à l'étroit défilé en forme de fourche situé "non loin de Caudium, dans la contrée dite de Samnium placée à l'ouest de l'Adriatique et à l'est de la Campanie et du Latium, en Italie, où l'armée romaine encerclée par les troupes du général samnite Pontius Herennius fut en l'an 321 avant J.-C. réduite à passer sous le joug" sans combattre, circonstance particulièrement déshonorante. Ce fait historique est donc l'origine de la locution "passer sous des fourches caudines", expression connue depuis 1690 et signifiant: "subir une défaite" et par conséquent "faire des concessions humiliantes".
"Rome n'en reçut pas moins de cette nation un affront célèbre et fameux aux Fourches Caudines, sous les consuls Véturius et Postumius. Enfermée par surprise dans ce défilé, notre armée ne pouvait en sortir; le général ennemi, Pontius, tout étonné d'une occasion si belle, consulta son père Hérennius, qui lui conseilla sagement "de laisser aller ou de tuer tous les Romains." Pontius aima mieux les désarmer et les faire passer sous le joug; ce n'était pas seulement dédaigner leur amitié en retour d'un bienfait, c'était rendre, par un affront, leur inimitié plus terrible."
Florus, "Abrégé de l'histoire romaine", livre I, préambule, (traduction de 1865)
Tirer à boulets rouges
Emettre une critique violent et virulente envers quelqu'un ou quelqe chose.
Les boulets rouges sont en fait les ancêtres de la bombe incendiaire. Les boulets de canons en métal ont été, à une certaine époque, rougis au feu avant d'être enfournés dans la gueule du canon et tirés très vite. De par leur séjour dans la fournaise ces boulets obtenaient une capacité incendiaire en plus de destruction non négligeable à l'époque où les bâtiments étaient en bois. Notons cependant que cette méthode dévastatrice pour l'assaillé était très dangereuse aussi pour celui qui effectuait la manoeuvre.
De nos jours "tirer à boulets rouges" signifie s'attaquer violemment verbalement à quelqu'un ou quelque chose, le "descendre en flamme" afin de l'offenser ou de le terrasser. Cette expression s'utilise aussi pour désigner le discours incendiaire, malveillant et incisif d'un quidam envers une autre personne absente tout en lui faisant des procès d'intention.
Faire une coupe sombre / Faire une coupe claire
Faire une restriction massive et douloureuse. / Faire une restriction partielle.
Ces expressions sont empruntées aux forestiers mais elles ont été mal comprises!
"Faire une coupe sombre" consiste en fait à déboiser de manière parcimonieuse la forêt afin de laisser beaucoup d'arbres pour donner beaucoup d'ombrage et présenter un massif faiblement entrouvert. Tandis que "faire une coupe claire" consiste à déboiser totalement pour faire une clairière. Cette erreur tient sans doute au fait que l'adjectif "sombre" est pour le commun des mortels synonyme de "sinistre", "fatalité", "événement inéluctable", "hécatombe" alors que dans le langage forestier c'était proprement l'inverse!
Tomber en quenouille
Etre laissé à l'abandon.
Se dit de quelque chose qui perd sa valeur ou sa force.
Se dit de quelque chose qui perd sa valeur ou sa force.
La quenouille est un attribut typiquement féminin d'antan, c'est un bâton dont l'extrémité est garnie de laine destinée à être filée. En effet, au Moyen Age, le travail du filage de la laine avec le rouet et la quenouille était dévolu aux femmes.
Le mot quenouille entre dans l'expression "tomber en quenouille" dès le XVIe siècle en désignant un domaine qui passe par succession dans les mains d'une femme et par extension, en 1913, en parlant d'une chose qui perd sa valeur.
Peut-être que cette deuxième signification (la seule qui perdure actuellement) est-elle due à la piètre qualité de gestionnaire reconnue aux femmes à cette époque... Ainsi un bien légué à une femme devait-il forcément se dévaluer et donc "tomber en quenouille". La quenouille a donc très vite été le symbole de caractères réputés alors typiquement féminins: la faiblesse et la déchéance.
De nos jours si l'expression "tomber en quenouille"' désigne toujours quelque chose qui est abandonné son lien direct avec la femme a été, heureusement, oublié!
Chercher la quadrature du cercle
S'attaquer à une entreprise vouée automatiquement à l'échec.
Faire face à un problème insurmontable.
Faire face à un problème insurmontable.
L'expression "chercher la quadrature du cercle" est une locution peu connue qui signifie "entreprendre une action vouée à l'échec". Pourquoi vouée à l'échec? Parce-que la "quadrature du cercle" qui consiste à calculer les dimensions d'un carré d'une surface équivalente à un cercle dont on connaît la circonférence ... est impossible"''!
Selon Wikipédia:
"Le problème est de construire un carré de même aire qu'un cercle donné à l'aide d'une règle et d'un compas (voir nombre constructible). Il remonte à l'invention de la géométrie et a occupé de nombreux mathématiciens au cours des siècles. C'est en 1837 que Pierre-Laurent Wantzel démontre un théorème qui permet d'exhiber la forme des équations des problèmes impossibles à résoudre à la règle et au compas. Mais il faudra attendre jusqu'en 1882 pour que le mathématicien allemand Ferdinand von Lindemann démontre la transcendance de π pour appliquer le théorème de Wantzel au problème de la quadrature du cercle et ainsi démontrer qu'elle était impossible à réaliser. L'Académie des sciences, qui avait déjà pressenti ce résultat depuis un siècle, n'acceptait plus de « preuve » de cette quadrature."
Jouer à pile ou face / C'est pile ou face
S'en remettre au hasard. / C'est une question de chance.
Le mot pile d'abord pille (1155) puis pile (vers 1200) est d'origine incertaine mais probablement tiré du latin pila soit "colonne, pilier d'un pont". Cette origine est suggérée par le fait que "pile" a longtemps désigné le morceau de fer acéré qui servait à imprimer les devises. Par la suite ce mot a désigné le revers d'une pièce de monnaie ainsi que le coin qui servait à les frapper sur l'envers.
Il paraîtrait que sous le règne de Saint Louis seules les pièces d'or et d'argent avaient le droit d'être frappées avec le sceau royal. Pour distinguer cette monnaie royale il y avait sur l'une des faces une croix, et sur l'autre, des piliers, ce qui aurait fait que, longtemps, les côtés des monnaies se seraient nommées "croix" et "pile". Par la suite les rois décidèrent de fabriquer des pièces à leurs effigies. Ainsi leur "face" était imprimée sur le recto de la pièce et leurs armes et la valeur de la monnaie sur le verso. Ainsi le terme "face" fut associé à la représentation du roi et le mot "pile" serait resté pour désigner l'autre côté de la pièce.
L'expression " jouer à pile ou face", qui existe au sens propre dès 1842, a pris son sens de "s'en remettre au hasard pour décider de quelque chose" en 1930. Ce jeu de hasard consiste à lancer la pièce en l'air en ayant choisi au préalable un côté, soit pile soit face, et à s'en remettre à la chance. La décision finale se prend en fonction de la face qui apparaît à l'atterrissage de la pièce.
Prendre Paris pour Corbeil
Commettre une lourde bévue.Corbeil et Essonnes forment une seule et même ville depuis 1951. Jadis le comté de Corbeil faisait partie du domaine royal, son château servira aux Rois de France jusqu'à la Renaissance. Le coche d'eau qui établissait le service entre Corbeil et Paris s'appelait le "Corbillat". D'abord surnommé ironiquement le "carosse bourgeois" en 1690 il sera à l'origine du mot "corbillard" lorsque durant une épidémie il transporta les morts.
La légende veut qu'un jour Corbeil assiégée résista et qu'alors les protestants s'en allèrent faire le siège de Paris!! Les Parisiens se seraient alors gaussés de la bêtise de la situation et de la grave erreur commise par les assiégeants. Comment espérer prendre la capitale s'il leur est impossible de prendre une petite ville d'un comté voisin...voyons, il ne faut pas "prendre Paris pour Corbeil"!
C'est de l'or en barre
C'est une valeur sûre.Le mot or, du latin aurum, est attesté dès le début (vers 880) avec le sens "de métal jaune précieux" et de "richesse".
L'expression "c'est de l'or en barre" date de 1650 et signifie tout de suite "c'est une valeur sûre". Cette locution fait allusion à l'étalon-or soit le lingot. En économie, l'étalon monétaire est une valeur ou un métal retenu par un ou plusieurs pays comme référence et instrument de réserve de leur système monétaire. ("Le Petit Larousse").
Etalon-or lingot: système monétaire international à convertibilité interne limitée dans lequel les banques centrales assurent l'échange de la monnaie nationale contre de l'or sous forme de lingots ou de barres(système issu des accords de Gênes de 1922).
(Ancien arrêté du 18 février 1987 (J.O. du 2 avril 1987))
Ainsi la "barre d'or" est la référence de base pour les monnaies, la valeur sur laquelle les systèmes monétaires s'appuient. Dans le langage courant entreprendre ou se référer à quelque chose qui est "de l'or en barre" c'est s'assurer d'une réussite, ne pas prendre de risque car c'est une valeur sûre...on en mettrait sa main au feu.
Lucullus dîne chez lucullus
Faire un repas de roi à son domicile alors qu'il n'y a pas d'invités.Lucullus, général romain, homme de guerre remarquable et grand orateur dirigea la guerre contre Mithridate VI Eupator et organisa la province d'Asie. Mais c'est par le luxe et le raffinement gastronomique qui l'entouraient qu'il devint célébre.
La légende dit que fastueux et fin gourmet, il se serait étonné, un jour où il était seul à table, qu'on lui servit un modeste repas. Son cuisinier convoqué aussitôt répondit qu'il n'avait pas cru devoir préparer un repas somptueux puisqu'il n'y avait pas d'invités. Lucullus lui répondit alors cette phrase devenue célébre et qui fit grand bruit à l'époque: "Ce soir Lucullus dîne chez Lucullus!"
Ainsi, à l'image de Lucullus, lorsque nous faisons un festin à notre domicile sans raison particulière on peut dire, selon l'expression consacrée, "Lucullus dîne chez Lucullus".
Notons que Plutarque relate les excès de Lucullus dans son livre "Vies parallèles des hommes illustres" ce qui note bien qu'à l'époque cette solitude luxueuse n'était pas bien acceptée. En voici deux exemples:
- Une autre fois qu'il [Lucullus] souppoit tout seul, ses gens n'avoyent appresté qu'une table et moyennement à soupper ; il s'en courroucea, et feit appeler celuy de ses serviteurs qui avoit charge de cela, lequel luy dit: "Pour autant, seigneur, que tu n'as envoyé semondre [= inviter] personne, j'ay pensé qu'il ne falloit ja [= déjà] faire grand appareil pour le soupper." "- Comment, lui répliqua il, ne sçavois-tu pas que Lucullus devoit aujourd'hui soupper chez Lucullus?"
Un coup de Trafalgar
Désastre inattendu.Action risquée et fulgurante dont le succés dépendra de l'effet de surprise.
Mauvaise plaisanterie.
Cette expression trouve son origine dans la plus désastreuse bataille navale qu'ait entrepris la France. Elle s'est déroulée à Trafalgar entre la marine anglaise dirigée par l'amiral Nelson, les navires français commandés par l'amiral Villeneuve et la flotte espagnole sous l'égide du duc de Gravina.
Napoléon voulant envahir l'Angleterre ordonne à Villeneuve de rassembler sa flotte aux Antilles afin d'avoir ensuite le contrôle de la Manche. A son retour vers Naples l'amiral français se laisse surprendre par les Anglais et se réfugie au port de Cadix où des navires espagnols, alliés de la France, le rejoignent. Poussé par Napoléon, qui lui ordonne de rejoindre Toulon, Villeneuve décide de sortir de la rade de Cadix le 21 octobre 1805.
Nelson qui est passé de 4 navires à 27, décide d'attaquer en formant 2 lignes de vaisseaux parallèles qu'il lancera perpendiculairement à la flotte ennemie. Cette nouvelle tactique, même si elle est dangereuse (seuls les deux navires de tête peuvent tirer au canon), a le mérite de surprendre et de désorganiser les 33 navires franco-espagnols qui sont eux en ligne (formation classique d'attaque navale à cette époque).
Nelson trouve la mort dans ce combat, ainsi que 400 de ses marins, et devient ainsi un héros voire un demi-dieu pour les anglais. Les Français ont 4500 tués, les Espagnols 2650 et il y a un total de 20 000 prisonniers dont Villeneuve. La flotte française est démantelée par destruction ou capture de ses vaisseaux. Cette bataille durera 4 heures, de 12 heures à 16 heures, et sonnera le glas de la marine impériale tandis que les Anglais gagneront la suprématie maritime et ce pour un siècle.
Devant tout ce gâchis, inutile par ailleurs car Bonaparte avait finalement renoncer à son grand projet, Villeneuve, libéré en avril 1806, se suicidera.
Ainsi, en référence à ce triste épisode de l'histoire navale française, lorsque l'on mène une action aux conséquences désastreuses ou que quelqu'un nous fait une mauvaise plaisanterie, un coup bas totalement inattendu et dont nous faisons les frais on dit communément que c'est un "coup de Trafalgar".
Essuyer les plâtres
Sens Propre : Habiter une maison neuve.Sens Figuré : Etre le premier à subir les conséquences fâcheuses d'une situation expérimentale ou d'une période de nouveautés.
"Essuyer les plâtres" est une expression connue depuis 1783 mais n'entre dans les dictionnaires qu'à partir de 1835. Ce retard est sans doute dû à la pratique peu convenable associée à cette locution.
Le plâtre désigne le sulfate de chaux hydraté que l'on emploie en construction (puis par métonymie ce qui est fabriqué en plâtre), ainsi lorsque l'on se trouve être le premier à habiter une maison neuve où le plâtre est encore humide on "essuie les plâtres"! Cette situation causait de nombreux désagréments physiques...il semblerait qu'à l'époque on donnait ces maisons aux filles publiques jusqu'à ce que les plâtres soient secs, c'est alors qu'on les mettait dehors sans façon pour récupérer et habiter le logement. Peut-être est-ce alors la situation de ces femmes qui a donné naissance au sens figuré de cette expression: être le premier à subir les difficultés, les conséquences et les désagréments d'une situation nouvelle, d'une période d'essai.
Claude Duneton dans son livre La Puce à l'Oreille fait référence à L.S. Mercier qui souligne cette pratique douteuse dès 1783 dans son "Tableau de Paris", situation soulignée par Théopile Gautier en 1845.
"Les plâtres que l'on emploie dans la construction des maisons font beaucoup de mal, parce qu'ils sèchent difficilement, et que l'on habite imprudemment les édifices nouvellement bâtis. Il n'y a rien de plus dangereux; la vapeur des murs est funeste et cause des accidents innombrables. Ces émanations enfin ont dans nos foyers des influences meurtrières. De là des paralysies et autres maladies, dont l'origine est attribuée à des causes étrangères. On abandonne ces maisons neuves et humides aux filles publiques; on appelle cela essuyer les plâtres"
L.S. Mercier, "Tableau de Paris", 1783, (chapitre 341, page 218)
"Ces locataires des bâtisses récentes reçurent dans l'origine le surnom disgracieux, mais énergique, d'"essuyeuses de plâtres". L'appartement assaini, on donnait congé à la pauvre créature, qui peut-être y avait échangé sa fraîcheur contre des "fraîcheurs"?"
Théophile Gautier, 1845
On retrouve aussi cette notion chez Delveau, en 1867, en ces termes:
"Essuyer les plâtres": v.a. Habiter une maison récemment construite, dont les plâtres n'ont pas encore eu le temps de sécher. Se dit aussi, ironiquement des gandins (oisif riche qui passe son temps à se ruiner pour des drôlesses) qui embrassent des filles trop maquillées.
"Essuyeuses de plâtres": s.f. Lorette (fille ou femme qui ne vit pas pour aimer mais au contraire aime pour vivre), petite dame, parce-que ce type parisien, essentiellement nomade, plante sa tente où le hasard le lui permet, surtout dans des maisons nouvellement construites, où l'on consent à l'admettre à prix réduits, et souvent pour rien. C'est ainsi qu'on fait essayer les ponts aux soldats.
Alfred Delvau, "Le dictionnaire de la langue verte", 1867
Mettre la table
Dresser la table.Mettre le couvert.
L'origine de l'expression "mettre la table" se trouve aux temps médiévaux.
Au Moyen Age, les seigneurs et leur suite voyageaient de châteaux en châteaux.... ils emmenaient donc tous leurs bagages et ustensiles dans des chariots tirés par des chevaux. De plus les tablées de cette époque rassemblaient l'ensemble de la famille, les courtisans et les amis, soit un nombre très important de convives et il aurait fallu des tables gigantesques pour y faire manger tous le monde. Ainsi à l'heure du repas, il fallait donc, littéralement, dresser la table qui consistait en une planche (tabula) posée sur des tréteaux! D'où l'usage, chez les seigneurs, de mettre de belles nappes destinées à cacher la pauvreté du mobilier. Après le repas, les serviteurs effectuaient l'opération inverse et démontaient l'ensemble des tables ce qui avait l'avantage de laisser un grand espace vide et net.
De nos jours l'expression "mettre la table" a évolué avec les moeurs. Les tables restant à leur place nous dressons le couvert à défaut des tables.
L'auberge espagnole
Pour désigner un lieu où l'on ne trouve que ce que l'on a apporté.Pour désigner un lieu sommaire où l'on fait ce que l'on veut.
Cette expression, très négative vis-à-vis de nos voisins espagnols, ne sait être datée; cependant il est de tradition de la part des français de critiquer l'hôtellerie espagnole.
Cazotte dans le diable amoureux émettait un jugement sévère à ce sujet, dès 1772, en déclarant: "On dit beaucoup de mal des auberges espagnoles, et c'est avec raison."
Cette tradition semble se perpétuer et n'est sans doute pas prête de s'arrêter (à l'époque du DVD, des films et de la migration estivale et estudiantine) avec le filmL'auberge Espagnole de Cédric Klapisch. Ce film est à lui seul LA définition de l'expression c'est une "auberge espagnole" par la liberté de vie et d'action de chaque individu évoluant dans ce long métrage
Le torchon brûle
Se dit d'une violente dispute entre deux personnes qui étaient proches.Cette expression trouverait son origine, d'après le "Grand Robert de la langue française",dans l'évolution du mot torche (datant du Xve siècle est équivalent deflambeau) qui en 1798 serait devenu torchon.
D'après le "Dictionnaire Historique de la Langue Française" de Alain Rey:
- Torche vient du latin torques ou torquis c'est-à dire torsade (d'où un parachute qui "se met en torche").
- L'idée de "faisseau de choses tordues" existe dans la langue française dès 1174 avec les bouchons de paille.
- Le sens actuel de flambeau, du mot torche, est dominant est date de 1285: "flambeau fait d'une corde tordue enduite de résine ou d'un bâton de bois résineux".
- Torcher dénominatif de torche a d'abord eu la valeur "d'essuyer en frottant avec un bouchon de paille". Ce mot garde courammant aujourd'hui le sens d'"essuyer". Il existe trois dérivés de ce mot: torchis (1303; paille mêlée à la terre pour servir de "ciment" dans les constructions), torchée (1735; mot familier signifiant "battre"dont les formes anciennes sont torche et torchon) ettorchon (1174; son sens premier de "coup" n'existe plus, sauf dans la locution"coup de torchon" qui signifie "bagarre" ou "rangement, élimination qui fait place nette". Son sens actuel est attesté dès 1330 mais n'est pas à l'origine de l'expression "le torchon brûle".
Ainsi littéralement on pourrait traduire l'expression "le torchon brûle" par "être sur le point de découvrir les coups" ce qui défini bien le sens de l'expression: se disputer violemment...à la limite de la brutalité physique
On n'est pas sorti de l'auberge
Se dit lorsque l'on se trouve dans une situation inextricable.Il existe deux explications pour cette expression:
1. Gilles Henry explique dans son Petit Dictionnaire des Expressions Nées de L'Histoire que l'expression "on n'est pas sorti de l'auberge" trouve son origine dans une affaire criminelle de l'Ardèche au début du XIXe siècle. L'affaire de "l'Auberge rouge", à Peyrebeille, dans laquelle il y aurait eu 26 ans de crimes commis par le couple Martin (Pierre Martin et Marie Breysse) et Jean Rochette, le domestique afin de s'enrichir soit cinquante victimes.
Tout aurait commencé le 26 octobre 1831 lorsque Jean-Antoine Enjolras, riche cultivateur, est retrouvé mort tout près de l'auberge du couple retraité. L'affaire fit grand bruit à l'époque on attribua aux aubergistes toutes les morts suspectes de la région et leur condamnation à la peine capitale par la guillotine devant l'auberge ne reposa que sur le seul témoignage d'un vagabond disant avoir été témoin du meurtre du cultivateur: Laurent Chaze.
Cette histoire inspira de nombreux auteurs dont:
- Balzac avec son conte philosophique s'inspirant des rumeurs sur l'histoire de l'Auberge Rouge.
- Nathalie Chevalier avec son livre L’affaire de l’auberge rouge qui retrace ces crimes.
- Claude Autant-Lara avec son film l'Auberge rouge où Fernandel en soutane tente d'arracher avec succès des griffes d'un aubergiste malintentionné les pauvres voyageurs de passage.
Manger avec la fourchette du père Adam
Manger avec les doigts.Le mot Fourchette date du Xve siècle où il s'écrivait fouchete. Il est le diminutif defourche qui vient lui même de furche (vers 1140) tiré du latin furca (fourche à deux dents).
Fourchette est le nom tout d'abord d'un instrument de cuisine à deux dents qui sert à piquer la viande pour la sortir du pot (la marmite). Son usage à table ne s'est répandu en France qu'au XVIe siècle sous l'influence de Henri III (1574-1589) qui s'est inspiré des us et coutumes de l'Italie. Mais ce roi largement critiqué pour ses manières efféminées et les faveurs accordées à ses mignons n'imposa pas au premier abord l'utilisation de la fourchette. Son utilisation se fit peu à peu, sans doute lorsque la preuve fut faite par l'usage que la propreté des collerettes en tirait un gros avantage.
Si la fourchette n'est apparue qu'au XVI e siècle comment mangeait-on avant?...avec les doigts! Ainsi il est bien compréhensible que Adam - sensé être le premier homme sur terre d'après la tradition chrétienne- n'avait pas de fourchette pour se sustenter. L'expression "manger avec la fourchette d'Adam" est une phrase polie pour désigner le manque de savoir-vivre dans la manière de se nourrir ou pour assumer soi-même le fait de manger avec ses doigts.
Tourner autour du pot
Tergiverser.Tourner en rond.
Alain Rey dans son Dictionnaire Historique de la Langue Française explique l'origine du mot pot.
le mot pot qui correspond au bas allemand et au néerlandais pot, est probablement issu (1120) d'un radical préceltique pott- exprimant peut-être à l'origine la rondeur, ce qui autoriserait un rapprochement avec potelé. Ce radical aurait été introduit en Gaule par les Francs qui ont dû emprunter le mot -qui ne paraît pas très germanique- lorsqu'ils se sont établis à Trèves, mais sa nature et son origine ne sont pas établies.
De cette notion de rondeur ou de potelé est sans doute née l'expression "tourner autour du pot" lorsque -autour du pot- les gens affamés n'osaient se servir, hésitaient et tournaient en rond autour de la marmite.
Regagner ses pénates
Rentrer chez soi.Le mot Penates dérive des termes latins:
- Penus: la nourriture.
- Penitus: l'intérieur d'une habitation.
Chaque famille se choisissait des dieux pénates qui se transmettaient ensuite de père en fils.
La légende veut que Enée et son père, Anchise, emportèrent jusqu'en Italie les Pénates de Troie lorsqu'ils fuirent la ville en flammes. Enée les mit ensuite dans son navire et les emmena dans un temple de Lavinium, ville qu'il fonda dans le Latium. Lorsque Rome fut fondée, les Pénates y furent transportées par les descendants d'Enée.
"Regagner ses pénates", c'est donc rejoindre un lieu protégé, se mettre en sécurité chez soi.
Tenir la chandelle
Assister en tiers à une scène galante.Expression familière très ancienne.
A l’origine cette expression n’impliquait pas l’intention de voir : il suffisait d’éclairer.
En Tunisie (notamment), une tradition - pas si lointaine - voulait que la mariée prouve sa virginité lors de sa nuit de noce. Pour cela le marié devait exhiber les draps blancs du lit tâchés de sang. En attendant ce moment un homme restait à l'extérieur de la chambre avec un chandelier afin de se tenir à leur disposition. Ce ministre était une personne très considérée des mariés et supposée digne de leur confiance. En fait supporter ce rôle était un grand honneur et non une humiliation.
A l'heure actuelle cette tradition s'est perdue et l'expression s'est généralisée. Lorsque l'on dit de quelqu'un qu'il "tient la chandelle" c'est qu'il se trouve dans une situation désagréable où sur un groupe de 3 personnes 2 ne s'occupent que d'elles dans des démonstrations amoureuses gênantes pour la tierce personne.
Devoir une fière chandelle à quelqu'un
Etre redevable d'un service rendu dans un moment difficile.Cette expression vient de l'époque où l'on faisait brûler des chandelles dans les églises au pied des statuts des saints en reconnaissance de l'aide apportée.
Le mot "fière" dériverait de "fidare" c'est-à-dire confier, vouer, se fier. Ainsi, dans l'expression "devoir une fière chandelle" il a une notion de fidélité, on brûle un cierge pour témoigner de sa foi en quelqu'un.
A cette période la chandelle était comme le pain et le vin, une denrée indispensable. Si les pauvres s'éclairaient aux chandelles de suif, les nobles eux utilisaient la chandelle de Bougie (Bgaya) en cire (du nom de la ville algérienne d'où est importée la cire). Elément rare et cher mais indispensable à la vie de tous les jours il était compté, ce qui explique que le fait de brûler une simple chandelle en échange d'un service rendu était la marque d 'une grande reconnaissance.
Ne pas mélanger les torchons et les serviettes
Ne pas mélanger deux classes sociales différentes.Ne pas mélanger deux choses totalement différentes (par extension).
Dès le XVIe siècle, les bourgeois utilisaient des serviettes à table alors que les domestiques, relégués aux cuisines, n'avaient droit qu'aux torchons. Le torchon est l'apanage du monde domestique réduit aux tâches ménagères tandis que la serviette dénote un raffinement suprême des arts de la table, elle est un luxe du fait des riches tissus utilisés pour la fabriquer. De ce fait, la serviette représente la classe sociale aisée et le torchon les serviteurs.
A cette époque l'expression "ne pas mélanger les torchons et les serviettes" soulignait une démarcation nette des classes sociales; à l'heure actuelle cette expression signifie plutôt "ne pas tout mélanger."
Le pot de fer contre le pot de terre
Lutte inégale.Cette expression trouve son origine dans les temps très anciens, en effet Esope (fabuliste grec ves 600 avant J.-C.) en parlait et on la retrouve aussi dans la Bible dans Le livre du Siracide dit LEcclésiastique'' (13,2-3):
"Ne soulève pas un poids trop lourd pour toi, ne fréquente pas non plus un homme plus fort ou plus riche que toi.Comment le pot de terre et le pot de fer peuvent-ils aller ensemble? S'ils se heurtent, le premier se brise."
Jean de La Fontaine a repris cette idée dans sa fable "Le pot de fer contre le pot de terre" et a popularisé l'expression "c'est le pot de terre contre le pot de fer"
Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s'en excusa,
Disant qu'il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n'en reviendrait morceau.
Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
- Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d'aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai.
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s'en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L'un contre l'autre jetés
Au moindre hoquet qu'ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n'eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu'avec que nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d'un de ces Pots.
Pendre la crémaillère
Inviter les amis à un repas pour fêter un emménagementL'origine de l'expression "pendre la crémaillère" se retrouve dans une tradition médiévale. Au Moyen Age, la cuisson se faisait avec une marmite dans l'âtre de la cheminée, afin de cuire plus ou moins fort la nourriture, on utilisait une crémaillère qui permettait de pendre la marmite plus ou moins loin du feu.
La crémaillère était la dernière chose installée dans une maison, les habitants ne pouvaient donc pas y manger avant qu'elle ne soit installée.
Lors de la construction d'une maison, il était de coutume d'inviter à venir manger toutes les personnes ayant contribué aux travaux, amis, familles...afin de les remercier. La pendaison de crémaillère était une façon de dire aux amis et à la famille, la maison est finie, on pourra festoyer ensemble.
Un homme de paille
prête-nom, doublure lors d'un montage financier délictueux.L'expression "un homme de paille" vise une personne respectable mais complice qui donne son patronyme de manière purement fictive et suspecte, afin qu'une tierce personne réalise des affaires le plus souvent frauduleuses. On parle aussi d'une "interposition de personne", ou de "prête-nom".
Notons, qu'à l'époque, la paille a beaucoup moins de valeur que le foin qui sert de fourrage aux bêtes. La paille, elle, ne sert que de litière aux animaux. Par conséquent,"un homme de paille" était, à cette période, un homme sans importance sociale, sans moyens financiers. Plus tard l'expression s'est transformée pour prendre son sens actuel.
Voici, pour illustrer ce chapitre, quelques exemples de jurisprudence cités par le Professeur Jean-Paul Doucet dans son "Dictionnaire du droit criminel" :
- "Paris 12 juillet 1982 (Gaz.Pal. 1982 II somm. 381/382): La circonstance qu’un gérant ne serait qu’un __"homme de paille"__, puisqu’il était manutentionnaire, n’est pas de nature à faire obstacle à l’application à ce gérant de l’art. 99 de la loi du 13 juillet 1967. Un dirigeant de société ne peut en effet prétendre se soustraire aux responsabilités qui découlent de sa fonction au prétexte qu’il ne les aurait pas réellement exercées."
- "Cass.crim. 15 décembre 2004 (Bull.crim. n° 322 p.1216) : Pour déclarer à bon droit le prévenu complice des faits d’escroquerie commis par U…, la Cour retient qu’il a prêté son concours à celui-ci en lui servant de prête-nom et en recrutant d’autres personnes aux mêmes fins."
- "Cass.crim. 26 mai 1983 (Bull.crim. n° 156 p.382) : A caractérisé le délit de complicité d’escroquerie retenu à la charge du prévenu la Cour d’appel qui a estimé qu’il existait des présomptions nombreuses, graves, précises et concordantes établissant que l’intéressé n’avait fait ouvrir un compte téléphonique au PMU que pour le mettre à la disposition d’un tiers et lui servir de prête-nom pour réaliser ses escroqueries au détriment du PMU."
Se mettre martel en tête
Se faire du souci, se tourmenter.Etre inquiet à propos de quelque chose.
Etre obsédé par un problème.
Martel, forme ancienne de marteau, est emprunté à l'italien martello (marteau) qui, dès le XVIe siècle, désigne au figuré la jalousie et le souci.
Ainsi, "donner martel" (1554-1557) ou "mettre martel en tête" (1561), signifiaitdonner du souci. L'inquiétude est en outre symbolisée par un marteau qui bat dans la tête d'où l'expression "marteler le cerveau de quelqu'un" pour signifier "le peiner, le tourmenter". Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l'expression "se mettre martel en tête"(1718) prend son sens actuel: "éprouver une vive inquiétude", "être préoccupé à l'excès par un souci". Cependant, de nos jours, on la rencontre le plus souvent sous sa forme négative en forme de conseil: "Ne vous mettez pas martel en tête".
Mentir comme un arracheur de dents
Mentir souvent, effrontément et sans scrupule.L'expression, du XVIe siècle, "mentir comme un arracheur de dents" trouve son origine dans une pratique très ancienne ... au temps où les analgésiques n'existaient pas (ou peu). A cette époque le seul moyen de soigner une dent cariée était de l'arracher tout simplement. Cet acte s'effectuait sur les places publiques ou dans les foires où de multiples forains, "spécialites ès soins dentaires", munis de simples tenailles certifiaient sans aucun complexe qu'ils pouvaient extraire les dents sans aucune douleur!! Le "dentiste" effectuait son opération, soit disant indolore, sous le son de trompettes ou d'autres instruments de musique afin de couvrir les hurlements du malheureux et naïf patient.
De nos jours cette expression s'utilise pour parler de quelqu'un qui ment de manière récurrente et sans aucun scrupule. "Mentir comme un arracheur de dents" désigne aussi une personne qui ment dans le seul but de n'être cru qu'un court instant et en se moquant des conséquences.
Avoir le nez creux / Avoir le nez fin / Avoir du nez
Flairer les bonnes occasions.Etre perspicace.
Il existe peu de source pour cette expression, Alain Rey précise simplement dans sonDictionnaire Historique de la Langue Française que l'expression "avoir le nez creux" "fin, long" date de 1858 et signifie "être perspicace". Il précise également que la métonymie du mot "nez" avec le sens de l'odorat et la finesse du goût date de 1572 et se retrouve d'abord dans le vocabulaire de la vénerie particulièrement avec l'expression courante "avoir du nez" (soit "avoir du flair") anciennement "avoir bon nez" (1857). En effet, en vénerie, on dit d'un chien qu'il "a le nez fin" s'il a un bon flair et chasse bien par tous les temps, ainsi l'expression "avoir le nez fin" est passée du chien à l'homme pour désigner quelqu'un de particulièrement perspicace, qui a du flair pour sentir la bonne affaire.
Avoir deux mains gauches / Avoir deux pieds gauches
Etre maladroit.Alain Rey, dans le Dictionnaire Historique de la Langue Française, définit le terme "gauche"comme suit:
"P. Guiraud propose pour éthymon, sans preuve à l'appui, un gallo-roman "valgicus", d'après le latin "valgus" "qui a les jambes tournées en dehors" (nom d'une infirmité), invoquant l'ancienne forme "gaulche" (1471).[...] "Gauche" se dit des personnes maladroites (1660); le nom masculin, "un gauche" (finXVIIe siècle), est archaïque. Au XVe siècle, pour des raisons inconnues, "gauche" remplace "senestre", alors que"droit" se substitue à "destre"; d'où la substantivation "la gauche" et la locution adverbiale "à gauche". L'équivalence "droit - adroit" a pu influencer ce nouveau sens de "gauche"''.
Notons que "senestre" est issu du latin "sinister" soit "gauche, qui est du côté gauche", ce qui sinifiait "favorable" dans le rite romain. Au contraire dans le rite grec,"sinistre" signifiait "funeste", "doté du mauvais oeil", "pernicieux" et c'est cette tradition qui a perduré d'où la signification de "fâcheux", "maladroit", "malheureux" pour tout ce qui est gauche.
Pour l'anecdote et pour valoriser les gauchers rappelons qu'aux temps de la République, les membres de la famille Mucia s'énorgueillirent de porter le surnom Scaevola (= le Gaucher") en souvenir de l'un de leurs ancêtres de la fin du VIe siècle av. J-C. Ce jeune homme romain, Caius Mucius, aurait pénétré seul le camp ennemi afin d'assassiner le roi étrusque Lars Porsenna. Cependant, au lieu de poignarder le souverain, il poignarda par erreur son secrétaire. Fait prisonnier, Caius Mucius montra alors son courage et son mépris de la mort en brûlant complètement sa main droite sans émettre la moindre plainte. Impressionné, le roi Porsenna libéra le téméraire. Mucius respecté et admiré de tous pour sa bravoure et son courage malgré sa tentative avortée était devenu gaucher d'où son surnom glorieux de "Scaevola" (le Gaucher). En outre, il put se réjouir d'avoir échoué car Romains et Etrusques signèrent une trêve.
De nos jours la tradition grecque est toujours en vigueur et les expressions contenant le terme "gauche" sont toujours négatives; c'est pourquoi lorsque l'on dit "avoir deux mains gauches" ou "deux pieds gauches" signifie que l'on est maladroit de nos mains ou de nos pieds.
Avoir une idée derrière la tête / Les pensées de derrière la tête
Avoir une intention cachée.Cette expression est d'origine et de date inconnue. Cependant Léon Bloy décrit l'expression"les pensées de derrière la tête", en 1902, en ces termes:
"Les pensées de derrière la tête"
Lune de miel
Amour: Voyage de noces.
Quotidien: Période heureuse.
Médical: Phase de rémission dans l'évolution d'une maladie.
Quotidien: Période heureuse.
Médical: Phase de rémission dans l'évolution d'une maladie.
L'origine de l'expression "lune de miel" serait une coutume païenne de la Babylone antique. Cette tradition voulait que le mois suivant le mariage, le père de la mariée offre à son gendre autant de mead qu'il le désirait pour le rendre fort et vigoureux (le mead est une boisson à base de miel, de type "hydromel", dont les vertus aphrodisiaques et tonifiantes seraient bénéfiques en amour). Ce mois de bonheur et de félicité appelé "le mois du miel" tira son nom de la coutume.
A cette époque le calendrier était basé sur le cycle lunaire, le "mois du miel" est alors devenu "la lune de miel". "La lune de miel" représente la période nuptiale la plus heureuse durant laquelle la vie n'est que douceur et ravissement. Cependant cette période semble assez fugitive pour certains puisqu'elle ne dure qu'une lunaison soit 29,5 jours; il existe à ce sujet un proverbe arabe peut engageant qui dit "la première lune après le mariage est de miel, celles qui la suivent sont d'absinthe."
De nos jours l'expression "lune de miel" s'emploie prioritairement pour désigner le voyage de noce mais on utilise aussi cette locution pour désigner:
- un début heureux dans une situation précise (une bonne entente entre deux personnes ou deux partis par exemple)
- mais aussi une période de rémission dans l'évolution d'une maladie.
Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier
Ne pas mettre toutes ses ressources dans la même affaire.
Répartir les risques.
Répartir les risques.
Cette expression, bien compréhensible par elle même, fait allusion à la fragilité de l'oeuf ; fragilité qui reflète la fragilité des hommes dans leurs comportements. C'est une marque de prudence que de "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier". Savoir partager son avoir ou les risques entre plusieurs possibilités peut ainsi éviter de se faire surprendre par la malchance ou la malice d'autrui et d'être ruiné ... à l'image d'un panier d'oeufs qui tombe et qui crée une omelette, ne laissant absolument aucun oeuf entier de par leur fragilité excessive.
Tomber dans les pommes
S'évanouir.
Perdre connaissance.
Perdre connaissance.
L'expression "tomber dans les pommes" date de 1889 et son origine a été contreversée. En effet on pensait au début que cette locution venait d'une déformation de pâmer ou pasmer(= s'évanouir) soit "tomber dans les pâmes (oupasmes)" mais cette origine a été abandonnée n'étant en réalité qu'un jeu de mots.
Les auteurs s'accordent pour dire que l'origine de cette expression viendrait plutôt de la phrase employée par George Sand dans une lettre à Madame Dupin disant "être dans les pommes cuites" c'est à dire être dans un état de fatigue extrême, être usé.
Notons qu'au XIXe siècle les pommes cuites sont l'arme de prédilection des spectateurs au théâtre pour huer et mettre dehors des acteurs qu'ils ont trouvé mauvais (en effet la tomate est alors un fruit trop luxueux pour servir à cet usage). Le vice étant poussé parfois jusqu'à jeter des pommes non cuites peut-être pour que l'humiliation n'en soit que plus douloureuse. Claude Duneton dans son livre "La Puce à l'Oreille" cite un passage d'Alphonse Karr à ce sujet (la scène se passe dans une ville de province durant les années 1840):
"Il vint de Paris de nouveaux acteurs qui n'avaient pu, ce qui était mauvais, signer, prendre engagement ailleurs. Ils étaient détestables, on leur jeta des pommes dont quelques-unes seulement étaient cuites."
Alphonse Karr, "Pendant la pluie" (1880)
Ce passage d'"être dans les pommes cuites" pour signifier que l'on est tombé malade à "tomber dans les pommes" pour dire que l'on s'évanouit est tout à fait probable. D'autant que l'état de fragilité face aux pommes cuites était de notoriété publique à l'époque; Philibert le Roux cite cette hyperbole en 1691: "On dit pour exagérer la faiblesse d'une place qu'on l'abattrait à coups de pommes cuites".
Avoir du pain sur la planche
Avoir beaucoup de travail en vue.
Avoir un travail très long et fatigant à accomplir.
Avoir un travail très long et fatigant à accomplir.
L'expression "avoir du pain sur la planche" n'a pas toujours eu la même signification au cours des temps.
1. En effet son sens premier, datant de 1852, était de "pouvoir vivre sans travailler". Signification qu'Alfred Delvau donne en 1867 en déclarant qu'"avoir du pain sur la planche" c'est "avoir des économies ou des rentes. Argot des bourgeois". Claude Duneton dit dans son livre "La Puce à l'Oreille" que cette image vient de la campagne où l'on entassait le pain sur une planche fixée entre les poutres du plafond de la bâtisse.
2. Vers 1888 cette locution a pris le sens argotique d' "avoir une collection de punitions". Mais cette signification est tombée dans l'oubli de nos jours.
3. En 1914-1918, l'expression "avoir du pain sur la planche" prend le sens actuel d'"avoir un long, fatigant et dur labeur à faire". Dans le vocabulaire argotique des malfaiteurs et des soldats "la planche au pain " est le tribunal. Hector France le décrit en 1907 en ces termes:
"Le tribunal, appelé ainsi à cause de sa position élevée, allusion à la planche à pain des chambrées de soldats, ou à la distribution qui s'y fait de jours, de semaines, de mois et d'années où l'on mange gratis le pain de l'Etat. Argot des voleurs."
Notons qu'au temps des rois "manger le pain du roi" est une manière de dire que l'on est en prison, aux galères ou dans l'armée. Ainsi, par la condamnation de "la planche au pain" (= le tribunal) le prisonnier mangeait la nourriture de l'Etat. Cette notion de punition et de corvée à accomplir pour expier ses fautes est ensuite sortie du contexte de la pègre et de l'armée pour se répandre largement dans la population au moment de la guerre 1914-1918.
Ainsi même si jusqu'en 1922 les dictionnaires de la langue française donnaient encore à"avoir du pain sur la planche" la définition de ressource, dans l'argot populaire le sens en était tout l'inverse avec la notion d'un labeur long et fatigant à effectuer, d'un gagne pain difficile à obtenir.
Entre la poire et le fromage
A la fin du repas, quand les discussions sont moins sérieuses.
Cette expression date d'avant 1660, du temps où l'on donnait une poire pour se rincer la bouche avant d'entamer le fromage. C'était en quelque sorte l'ancêtre du célèbre "trou normand".
Notons qu'à cette époque les légumes n'étaient pas courants à table, la poire servait donc de "légume" et de rafraîchissant avant le fromage qui annonçait la fin du repas.
Ainsi l'expression "entre la poire et le fromage" trouve tout son sens et ne fait pas référence à une erreur dans le déroulement d'un repas. Discuter d'un sujet "entre la poire et le fromage", c'est choisir le moment du repas où les discussions "sérieuses" n'ont plus cours, le moment où les personnes ont la langue déliée par le bien-être, la boisson et l'ambiance, le moment où la vigilance diminue et où la confiance s'installe. L'instant "entre la poire et le fromage" peut alors se révéler crucial voire dangereux pour la personne interpellée.
Ecrire longuement.
Le mot tartine vient du mot tarte, il apparaît dès 1500 mais disparaît des dictionnaires du XVIIe et XVIIIe siècles. Tartine réapparaît au début du XIXe siècle pour désigner une tranche de pain recouverte d'un aliment. Par métonymie, tartine a ensuite désigné un long article de journal, un grand discours dans l'argot des journalistes en 1823.
"Elle avait le défaut d'employer de ces immenses phrases lardées de mots emphatiques, si ingénieusement nommées des tartines dans l'argot du journalisme."
Balzac
"Pardonne-moi la longue tartine que je viens de te faire avaler, et sur laquelle j'étale depuis une heure les confitures de mon éloquence."
Théophile Gautier
De tartine est dérivé tartiner, employé par Barbey, en 1839, puis par Balzac, en 1845, dans le sens décrire un long article.
"Tu n'as pas assez de style pour tartiner des brochures."
Balzac.
Ainsi l'expression "faire une tartine" ou "écrire une tartine" signifie bien "écrire longuement" mais elle est employée actuellement pour désigner un (très) long écrit quel qu'il soit. Elle n'est plus réservée qu'aux articles de presse ou aux discours.
Prendre un bouillon d'onze heures / Donner un bouillon de onze heures
Mourir.
Empoisonner, assassiner quelqu'un.
S'empoisonner, se suicider..
Empoisonner, assassiner quelqu'un.
S'empoisonner, se suicider..
L'expression "un bouillon de onze heures" est attestée dès 1791 avec la signification d' "un breuvage empoisonné". Alain Rey et Sophie Chantreau ajoutent dans leur Robert des expressions et locutions qu'empoisonner quelqu'un se dit "donner un bouillon de onze heures" dès le XVIIe siècle.
"… ils auraient pu lui donner un bouillon d’onze heures pour partir à midi dans l’autre monde."
"Jean Bart", 1791, n°130, p. 4
Cependant cette attestation contredit l'heure donnée actuellement à cette expression qui est en fait onze heures du soir. Pourquoi "d’onze heures" ou "de onze heures" du soir (sous sa forme élidée en usage à l'époque)? sans doute que dans l'esprit de l'époque le meurtre et la mort étaient plus facilement le fait nocturne de légendaires sorcières et de bandits de grands chemins. Ainsi "le bouillon de onze heures" désignant la mort a été associé à la nuit, à ses peurs associées et aux ténèbres et donc à l'heure du soir et non plus du matin.
Claude Duneton émet cette hypothèse en supposant que cet horaire ferait référence à la dernière heure du jour, celle qui s’achève à minuit (puisque minuit est la première heure du jour suivant) soit l'heure du crime dans l'imaginaire populaire. On se trouve dès lors devant l'analogie entre la dernière heure du jour et la dernière heure du "condamné" qu'il soit suicidé ou assassiné.
De plus dès le XVIIè siècle on associe ce bouillon à la sorcellerie. En effet, Furetière en parle en effet dans son "Dictionnaire universel" dès 1690 en ces termes:
"Le bouillon, breuvage produit par ébullition, a quelques connotations maléfiques (cf.bouillon de sorcière breuvage magique)".
"On donne des médecines dans des bouillons. On dit aussi qu’on a donné le bouillonà quelqu’un pour dire qu’on l’a empoisonné ".
"On donne des médecines dans des bouillons. On dit aussi qu’on a donné le bouillonà quelqu’un pour dire qu’on l’a empoisonné ".
Faire ripaille
Faire un festin.
L'expression "faire ripaille", apparue en 1585, trouve son origine dans un fait historique:
Amédée VIII, duc de Savoie, affligé par la mort de son épouse, Marie de Bourgogne, renonça à la tiare pontificale et décida de vivre une vie d'austérité et de méditations dans un prieuré. Pour cela il fera agrandir le château de Ripaille par la construction de 7 tours et de 7 appartements et y crée un prieuré en souvenir de la mort de son père. Cependant s'il avait fait voeu de chasteté,il faisait de véritables festins entouré de ses seigneurs et compagnons de route. Les banquets ne manquaient pas et le vin de Savoie était servi en abondance. Ainsi l'expression "faire ripaille" est passé dans le langage courant pour désigner un festin le plus souvent bien arrosé.
Notons que l'on dit aussi depuis 1821 "ripailler" pour dire "faire bombance".
Ce fait est d'ailleurs relaté par Charles Rozan dans ses Petites Ignorances de la Conversation en ces termes:
Faire ripaille
On pense généralement que ce mot est venu du singulier genre de macérations que s'imposa Amédée VIII, surnommé le Pacifique et le Salomon de son siècle, lorsqu'il se retira au prieuré de Ripaille après avoir fait ériger la Savoie en duché.
Lui et ceux des seigneurs de sa cour qui l'avaient suivi étaient venus là pour se faire ermites, mais ils n'en avaient guère que le nom, car ils négligèrent complètement, pendant tout le temps de leur résidence, de se livrer aux austérités du cloître.
« Tous ceux qui étaient admis dans ce séjour de plaisirs, disent les biographes, étaient logés avec magnificence ; les mets les plus exquis couvraient leur table : ils vivaient plus en honnêtes épicuriens qu'en véritables ermites. Ils portaient néanmoins ce nom, parce qu'ils avaient exclu les femmes de leur société et qu'ils laissaient croître leur barbe comme les capucins. Leur habit était moins rude que celui de ces religieux ; c'était un drap gris très-fin, un bonnet d'écarlate, une ceinture d'or et une croix au cou de la même matière. Amédée jouissait d'un repos voluptueux dans cette maison de délices, lorsque les Pères du concile de Bàlo lui donnèrent la tiare l'an 1439, et l'opposèrent à Eugène IV. Le cardinal d'Arles fut député pour lui apprendre son élection. Amédée vint au-devant de lui avec ses ermites et ses domestiques, et consentit à être pape après avoir témoigné quelques regrets de quitter son ermitage. »
C'est ainsi que les repas trop peu frugals du prieuré où s'était retiré le duc de Savoie auraient donné naissance à l'expression faire ripaille, vivre à la façon des ermites deRipaille, faire bonne chère, mener joyeuse vie.
Avaler des poires d'angoisse
Avoir de grands déplaisirs.
Angoisse est le nom d'une localité en Dordogne qui produisait dès le moyen âge une poire dure et âpre, mauvaise au goût lorsqu' on la consommait crue mais très appréciée comme fruit à cuire, à sécher ou comme poire à cidre (dès le XIIIe siècle). L'expression "avaler des poires d'angoisse" se retrouve dès 1245 dans la région d'Albi sous la forme "pera d'engoyssa".
La consommation crue de ces poires étant pratiquement impossible la population de l'époque associa par homonymie les poires d'Angoisse à la peur de les manger et de les avaler donc à l'angoisse dans le sens propre du terme: l'anxiété, la douleur morale liée à la crainte. Ainsi, dès le milieu du Xve siècle, naît l'expression "avaler des poires d'angoisses" pour signifier "éprouver de très grands déplaisirs".
Par la suite, la "poire d'angoisse" désignera un objet métallique (quasiment de torture) en forme de poire que l'on plaçait de force dans la bouche du prisonnier pour le baillonner. On imagine aisément l'angoisse et la peur ultime du malheureux qui étouffait, suait, souffrait et n'arrivait plus à avaler sa salive.
Si de nos jours la notion de désagrément est restée, les soucis désignés par la locution n'atteignent pas les sommets de souffrance de ces hommes.
Etre éberlué, dépité en se rendant compte que l'on a été dupé. Etre marron.
Il existe trois origines pour l'expression "être chocolat" mais les deux premières sont d'origines douteuses tandis que la troisième, la plus fréquente, se vérifie sur un fait réel mais ne serait en fait qu'une popularisation de l'expression selon Alain Rey:
- Pour certains, cette expression viendrait du monde de la boxe où le mot chocétait un phonème de chocolat. Ainsi "être chocolat" signifierait "être sonné", "être K.O.".
- Pour d'autres, cette locution viendrait du jeu de Bonneteau. Jeu d'argent clandestin, très usité à l'époque dans les rues de Paris, il consiste à faire circuler à vive allure un objet parmi des gobelets afin de tromper la personne qui a misé dessus. Dans l'argot des joueurs de bonneteau le "chocolat" était le complice qui appâtait les joueurs. Par analogie le perdant, friand de gains, se retrouvait alors"chocolat".
- Pour les derniers, cette délicieuse expression date du XIXe siècle à l'époque des clowns Footit et Chocolat au Nouveau-Cirque de Paris. Footit, le malin clown blanc, passait son temps à mettre son compère Chocolat, un Auguste de couleur noire, en difficultés en lui jouant sans cesse des tours pendables mais amusants. Footit montrait alors le malheureux en disant "c'est chocolat" et l'autre de répondre avec un sourire dépité "je suis Chocolat".
Ca ne vaut pas tripette
Ca ne vaut rien."Tripette" est le diminutif de "tripe", ce mot existe depuis 1460 environ signifiant au début "petite tripe", il a pris depuis 1743 le sens de quelque chose "sans valeur". En effet les tripes - les 4 morceaux d'un estomac d'animal - ne désignent pas quelque chose de forcément agréable même si ce plat est très bon quand il est bien accommodé (comme les tripes à la mode de Caen par exemple).
Il est à noter que l'expression "ça ne vaut pas tripette" se retrouve dans beaucoup de patois dont le patois lorrain et ardennais sous la forme: " ça n'vaut mi tripette".
Une origine moins certaine relie cette expression au champignon comestible et assez prisé le "clavaire" dit aussi '"tripette" ou morille. Peut-être en effet qu'un plat peu agréable "ne vaut pas tripette" du fait de son mauvais goût mais rien n'est sûr dans cette origine. Il me semble plus vraisemblable de rester sur la première explication en supposant simplement que ce champignon porte ce nom à cause de sa ressemblance avec les tripes.
Pays de Cocagne
Pays imaginaire où tout est abondance sans effort.Le mot cocagne du moyen français quoquaigne (pastel en pâte) est d'origine incertaine. Certains disent qu'il vient de l'italien coccagna (contestation, dispute). D'autres disent qu'il dérive du néerlandais cockaenge(pays des merveilles) de coek(gâteau) ce qui semble être probable car le "pays de Cocagne" est littéralement le pays des friandises.
Charles Rozan écrit à ce sujet dans son livre "Les petites ignorances de la langue Française":
Selon les uns, ce pays de Cocagne est la partie du Languedoc qui composait l'ancien duché de Lauraguais. C'est là que se fabriquaient des pains coniques formés avec la feuille écrasée du pastel, et désignés sous le nom de coques ou coquaignes de pastel. Les coquaignes qui servaient à la teinture ont été pendant longtemps une source de richesse pour le pays. De là est venu l'usage de comparer les pays riches et heureux au pays où se fabriquaient les coquaignes, au pays de coquaignes. — En répétant le mot, on a forcé l'idée, et "pays de cocagne" a fini par être synonyme de félicité parfaite.
Suivant d'autres, c'est-à-dire suivant M. Génin, ce bienheureux pays de Cocagne est, ou plutôt était l'Italie. Autrefois, au XVIème et au XVIIème siècle, il y avait à Naples une montagne figurant un Vésuve d'où jaillissaient à profusion du macaroni, de la viande et des saucisses que les gens du peuple se disputaient. Cette réjouissance s'appelait une cocagne, en italien coccagna, du vieux français cocquaigne, qui signifie contestation, dispute.
Vers 1425, à Paris, une réjouissance apparaît dans les fêtes populaires: le mât de cocagne. C'est un mât lisse, rond, savonné, planté en terre et surmonté de victuailles à profusion pour qui sait en effectuer l'ascension. Si la notion de lutte associée au mot italien cuccagna se retrouve dans cette situation il apparait un peu ironique d'appeler cette activité mât de cocagne car on est un peu loin de l'idée de profusion de biens à portée de main.
Le pays de Cocagne par sa profusion a inspiré de nombreuses personnes dont Boileau (1636-1711) qui a écrit "Paris est pour le riche un pays de Cocagne". De plus Méon a publié un conte du XIIIe siècle intitulé "Cocaigne" qui évoque un pays où le sommeil apporte des gains et dans lequel les fêtes sont perpétuelles ce qui rappelle bien cette notion de richesse et d'abondance sans travailler.
Pour information actuellement le pays de Cocagne (dans sa définition de coquaigne: pastel en pâte) existe bel et bien, il se situe entre Toulouse, Albi et Carcassone dans le Languedoc.
Pot-au-feu
Plat typiquement français de viande bouillie.Le pot est, en ancien français (vers 1155), le récipient contenant les liquides et les aliments. Vers le XIIIe siècle il devient le nom de la marmite où l'on fait bouillir la viande. "En pot" ou "au pot" désigne alors un aliment bouilli avec de l'eau par opposition à "rôti".
Les mot pot-au- feu sont une dérivation du récipient dit pot a fu(1240-1280) puis pot à feu (1552). Au XIXe siècle, l'expression "pot-au-feu" désignait la personne attachée à son ménage.
A l'heure actuelle le pot-au-feu désigne le plat préparé à base de viande, de bouillon et de légumes.
Pour l'anecdote Noël Colombier, a une chanson -"ah! les p'tits potes"- qui parle beaucoup du pot (le pot au lait, le pot-au-feu...) par jeux de mots et qui est incontournable pour préparer ce plat gaiement!!
Etre trempé comme une soupe
Etre complètement mouillé.Pour comprendre cette expression il faut se replonger dans l'évolution du mot soupe à travers les siècles.
Du francique suppa, la soupe était à l'origine la tranche de pain que l'on arrosait de bouillon. Au XIVe siècle ce terme désigne le bouillon épaissi par du pain ou des légumes. Puis le "potage" a pris le dessus en étant considéré comme une nourriture plus noble que la soupe.
Il est à noter qu'au Moyen-Age, on trempait le pain dans tous les liquides chauds (bouillon, lait, sauces et jus de viande) mais dans les maisons nobles, le luxe était de se servir de la "soupe" (tranche de pain) comme d'une assiette et de la donner ensuite aux animaux ou aux miséreux.
Ainsi "être trempé comme une soupe" signifie être complètement mouillé (le plus couramment par la pluie), "dégouliner" à l'image d'une "mouillette" de pain trempée dans le bouillon.
Un compte d'apothicaire
Facture exagérée.Calcul compliqué dont les résultats n'ont aucun intérêt.
L'origine de l'expression "un compte d'apothicaire" se retrouve du temps de l'exercice de ce métier. L'apothicaire est, dès le XVe siècle, une personne qui vend des produits rares, médicamenteux, exotiques (tel que le sucre) et des épices. Alain Rey précise dans son Dictionnaire Historique de la Langue Française que le terme apothicaire désigne dès 1350 un préparateur et vendeur de médications, et rejoint le domaine médical et commercial de la pharmacie. Ce mot est remplacé (début XIXe siècle) parpharmacien.
Le terme d'apothicaire ne subsiste de nos jours que dans des argots régionaux et des locutions telle que l'expression "un compte d'apothicaire" qui date de 1826.
Notons qu'il fallait être un érudit en science, en préparation de drogues et en médecine à l'époque pour être apothicaire. Ce personnage était admiré de tous pour son savoir. Bien conscient de cet aura, l'apothicaire se mit à abuser ses clients en vendant en petites quantités et à prix élevés ses préparations pharmaceutiques, ses épices et denrées rares. Cette pratique lui valut la méfiance de ses contemporains pour qui il était un trompeur dont les factures et mémoires étaient particulièrement redoutées.
Il était devenu d'usage de réduire les comptes d'apothicaire avant de les payer. On retrouve trace de cette pratique dans la littérature de Jacques Carpentier de Marigny, abbé de Marigny. Il fait en effet référence aux "comptes d'apothicaires" dans sa pièce en vers " Le pain bénit" (oeuvre de 1673 saisie en 1674 sur ordre du roi sans doute pour la violente satire contre les marguilliers de l'église de Saint-Paul qu'elle contient):
"Je crois qu'il est plus à propos
Pour bien sortir de cette affaire,
De régler tous les frais en gros
Comme ceux des apothicaires,
C'est-à-dire en bonne amitié
Retrancher la belle moitié.
Abbé de Marigny, "Le pain bénit"
Tomber dans le troisième dessous
Subir un échec cuisant.Tomber plus bas que terre, être dans une situation lamentable.
Etre dans la misère.
"Tomber dans le troisième dessous", cette expression trouve son origine dans le théâtre. En effet l'Opéra possédait trois étages de sous-sols respectivement appelés premier, deuxième et troisième dessous. Ces étages servaient à recevoir, les machines, les machinistes et les accessoires comme le dit Honoré de Balzac.
"Disons-le, peut-être à l'étonnement de beaucoup de gens, il n'est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce monde souterrain qui, depuis l'origine des empires à capitale, s'agite dans les caves, dans les sentines, dans le troisième-dessous des sociétés, pour emprunter à l'art dramatique une expression vive et saisissante. Le monde n'est-il pas un théâtre? Le Troisième-Dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l'Opéra, pour en recéler les machines, les machinistes, la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l'enfer, etc."
Honoré de Balzac,"Splendeurs et misères des courtisanes", IVe partie (la dernière incarnation de Vautrin), "Essai philosophique, linguistique et littéraire sur l'argot, les filles et les voleurs"
Dès le XIXe siècle, l'habitude s'est prise de dire d'une pièce qui était un échec qu'elle était "tomber au troisième dessous"...c'est à dire qu'elle ne pouvait pas tomber plus bas. Avec le temps cette expression s'est appliquée à toutes sortes de situations d'échecs avec une forte notion de destruction morale et / ou d'atteinte de la dignité humaine.
Notons qu'actuellement on parle aussi de "tomber dans le trente-sixième dessous"sans doute pour renforcer l'idée d'anéantissement contenu dans la première expression en lui procurant une image de chute vertigineuse.
Vingt-deux!
Alerte!Attention!
Indique un danger imminent.
L'origine de cette expression demeure incertaine, dans mes recherches 3 explications me sont apparues plausibles:
- Claude Duneton trouve l'origine de cette expression chez les linotypistes au XIXe siècle. En effet, la taille des caractères (dit le corps dans le jargon de l'imprimerie) pour former un texte habituellement est de 9 ou 10. De ce fait le corps 22, destiné aux titres car de taille très importante, est tout désigné pour annoncer la venue du chef de manière anodine.
Quand le compagnon placé le plus près de la porte voit entrer le prote [=chef d'atelier] dans l'atelier de composition, il crie: "vingt-deux!" synonyme d'attention. Quand c'est le patron, il crie "Quarante-quatre!" En raison de l'importance du singe, le chiffre est doublé (Argot d'imprimerie).
"Dictionnaire d'argot fin-de-siècle" (1894).
.
- cette expression trouverait son origine dans le transcodage du mot "CHEF" selon les numéros des lettres de l'alphabet et serait donc un signal d'alerte soit:
- Cette expression serait liée à l'arme favorite des voyous du XIXe siècle: le couteau de chasse de 22 centimètres dit "couteau d'arsouilles" (couteau de voyous). On retrouve d'ailleurs la trace de cet interjection argotique en 1837 dans le sens désuet de "poignard". Dans le milieu de la pègre l'expression "vingt-deux!" signifierait qu'une rixe est en vue et qu'il faut sortir le couteau.
Vingt-deux: couteau.
"Jouer la vingt-deux", donner des coups de couteau.
Depuis 1888, cette expression est souvent utilisée suivie de flics ("vingt-deux (22) v'la les flics") pour alerter de l'approche de la police et fuir avant d'être vu ou éviter de se faire prendre.
La cinquième colonne
Service secret d'espionnage.Espion infiltré.
En 1936 le général Mola veut s'emparer de Madrid en faisant converger sur la ville simultanément cinq colonnes d'assaillants. Quatre étaient constituées de troupes et la cinquième se composait de sympathisants civils à la cause.
La radio annonça que la ville serait attaquée par quatre colonnes marchant vers elle et une cinquième colonne déjà en place dans la ville, cette manoeuvre échouera.
Ces termes de "cinquième colonne" sont immédiatement devenus synonymes de traîtres à la nation, de terroristes, d'armée secrètement infiltrée et sabotant les arrières. Et par extension du fait du travail de l'ombre de ces individus les services d'espionnages ennemis furent aussi appelés "cinquième colonne".
Avoir un poil dans la main
Etre paresseux et préférer que les autres fassent le travail.L'expression "avoir un poil dans la main" est une image. Elle insinue qu'à force de ne rien faire, la pilosité se développe dans la paume de la main. Le poil pousse dans la main par manque d'usage de celle-ci cependant, cela est techniquement impossible.
Nous pouvons aussi comprendre l'image à l'envers afin de se disculper: à cause du poil qui occupe la main, nous sommes handicapés et nous ne pouvons plus rien entreprendre.
Pour les gens très paresseux, il est alors possible de s'étonner du baobab qui pousse dans leur main, ou alors d'un véritable balai-brosse !
Tomber sur un bec
Tomber sur un obstacle imprévu.L'expression "tomber sur un bec" trouverait son origine dans les becs de gaz qui servaient d'éclairage public à une certaine époque et dans lesquels les gens, et en particulier, les ivrognes avaient la fâcheuse habitude de se cogner.
Tomber sur un bec, n'a bien sûr rien à voir avec la signification québécoise de "bec" qui est synonyme de "becôt" ou "baiser".
Régler une affaire en deux coups de cuillère à pot
Résoudre le problème avec diligence, sans difficulté, de manière expéditive.En réalité, l'origine de l'expression "régler une affaire en deux coups de cuillère à pot"est contreversée entre deux origines, l'une culinaire et l'autre guerrière.
Pour la première, le pot est la marmite dans laquelle cuisent les aliments à partir du 13e siècle.
La "cuillère à pot" était une grosse louche qui permettait de vider rapidement et efficacement le pot ce qui impose l'idée de facilité et de célérité.
La seconde, sans doute la plus réaliste, fait référence à un sabre d'abordage.
Ce sabre, arme réglementaire, est bien connu de la fin XVIIIème jusqu'à la période post-napoléonnienne. Il possède une lame de 750mm environ, de faible courbure, une garde en coquille de fer noir, dite cuillère à pot, et une poignée en bois ou en fer à 6 ou 8 pans. Surnommé "cuillère à pot" à cause de son pommeau (coquille qui protége la main de la lame ennemie) rappelant fortement la forme des cuillères à pots utilisées dans les cuisines, il était le sabre de prédilection des corsaires et des pirates.
Sa lame courte et presque droite, permettait dans les combats, lors de l'abordage des navires ennemis, de régler le conflit rapidement et avec dextérité...en deux coups de cuillère à pot.
L'origine maritime de cette expression se retrouve aussi dans les chants marins comme dans "Le grand mât veut d'la route".
C'est le Pérou / Ce n'est pas le Pérou
C'est une fortune, c'est un bon filon / Ce n'est pas un gain énorme.Le Pérou, fondé par Manco-Capac, chef des Incas, devint une vice-royauté espagnole après 1532. A cette période la conquête, ô combien violente, du Pérou se termine, les derniers Incas sont capturés et asservis et l'essor de ce pays atteint son apogée quelques années après avec le développement de l'activité minière. Les sous-sols de cette contrée regorgeaient d'or et d'argent qui, une fois extraits, étaient envoyés par centaines de tonnes en europe. Très vite, les plus gros gisements furent exploités par une poignée de propriétaires qui firent ainsi fortune et se trouvèrent parfois bien plus riches que beaucoup de nobles en Espagne.
Cet eldorado a marqué l'imaginaire collectif et même si bien plus tard le pays s'est appauvri à force d' expatrier ses richesses, le Pérou est resté LE pays de toutes les richesses, de la fortune d'où l'expression "c'est le Pérou" en parlant d'une grande fortune ou de quelque chose d'inattendu et de grand intérêt. De même l'expression"gagner le Pérou" (avoir accumulé une grande fortune, avoir trouvé un bon filon) trouve son origine dans cette réputation de richesse du Pérou qui faisait tant rêver les hommes.
A contrario, l'expression "ce n'est pas le Pérou" s'emploie lorsque l'on parle de quelque chose de peu de valeur, d'un petit gain.
Notons que la traduction espagnole de l'expression "c'est le Pérou" est "es un Potosi" du nom de la mine d'argent de Potosi (aujourd'hui en Bolivie). Locution qui donna ensuite l'expression française oubliée "riche comme un Potosi" soit plus communément "riche comme Crésus".
Passer sous les fourches caudines
Subir une énorme défaite.Etre humilié.
Selon Le Franc-Parler, livre de Michel Lis et Michel Barbier, l'expression "passer sous des fourches caudines" fait allusion à l'étroit défilé en forme de fourche situé "non loin de Caudium, dans la contrée dite de Samnium placée à l'ouest de l'Adriatique et à l'est de la Campanie et du Latium, en Italie, où l'armée romaine encerclée par les troupes du général samnite Pontius Herennius fut en l'an 321 avant J.-C. réduite à passer sous le joug" sans combattre, circonstance particulièrement déshonorante. Ce fait historique est donc l'origine de la locution "passer sous des fourches caudines", expression connue depuis 1690 et signifiant: "subir une défaite" et par conséquent "faire des concessions humiliantes".
"Rome n'en reçut pas moins de cette nation un affront célèbre et fameux aux Fourches Caudines, sous les consuls Véturius et Postumius. Enfermée par surprise dans ce défilé, notre armée ne pouvait en sortir; le général ennemi, Pontius, tout étonné d'une occasion si belle, consulta son père Hérennius, qui lui conseilla sagement "de laisser aller ou de tuer tous les Romains." Pontius aima mieux les désarmer et les faire passer sous le joug; ce n'était pas seulement dédaigner leur amitié en retour d'un bienfait, c'était rendre, par un affront, leur inimitié plus terrible."
Florus, "Abrégé de l'histoire romaine", livre I, préambule, (traduction de 1865)
Impossible n'est pas français
Se dit lorsque l'on refuse d'abdiquer face à la difficulté.Se dit lorsque quelque chose paraît impossible à effectuer.
Cette expression est attribuée à Napoléon Ier mais pas exactement sous cette forme. Le général Jean Léonard François, comte Le Marois, se voyant dans l'impossibilité de défendre la ville de Magdebourg lors de la campagne d'Allemagne fit part de ses doutes à Bonaparte. L'Empereur lui aurait répondu dans une missive en date du 9 juillet 1813:"Ce n'est pas possible, m'écrivez-vous ; cela n'est pas français". Pour l'anecdote, les troupes de Napoléon ne capitulèrent à Magdebourg que le 20 mai 1814 après l'abdication de l'Empereur.
D'aucuns donnent une autre origine, cependant incertaine, à cette phrase. Le ministre Fouché aurait déclaré à Napoléon Ier le 12 octobre 1808 suite à une altercation quant à l'impossibilité de convaincre le Tsar d'aider l'Empereur à traquer les royalistes français émigrés:"En effet, j'aurais dû me rappeler que Votre Majesté nous a appris que le mot Impossible n'est pas français".
Il est à noter que le mot impossible figure dans les dictionnaires et qu'il est donc bien français. L'expression "Ce n'est pas possible [...] cela n'est pas français"souligne bien la détermination de Bonaparte. De nos jours on entend plus souvent comme instruction "faites le possible" ce qui souligne l'effort que fait le subordonné pour accomplir une tâche difficile voire insurmontable et fait entrevoir la possibilité d'un échec...ce que Napoléon refuse catégoriquement.
De nos jours l'expression "impossible n'est pas français" est une marque, pour certains, du tempérament français.
Gens huppés
Personne d'un rang social élevé.Personne de distinction.
La huppe est (selon le Petit Larousse Illustré):
- un passereau d'Eurasie et d'Afrique de la grosseur d'un merle, de plumage roux, noir et blanc et dont la tête est ornée d'une crête de plumes.
- une touffe de plumes que certains oiseaux portent sur la tête.
Filer à l'anglaise
S'en aller discrètement, sans se faire remarquer et sans prendre congé.Selon le Robert, "Dictionnaire historique de la langue française", l'expression "filer à l'anglaise" daterait de 1890 et signifierait s'esquiver.
Il est toutefois très probable qu'une anglophobie liée à des siècles d'inimitié entre la France et l'Angleterre aurait mis l'accent sur l'impolitesse et le sans-gêne attribués aux anglais.
Il est à noter que les anglais nous reprochent, de manière cocasse, la même chose en utilisant cette expression mise au goût de leur nationalisme: "To take French leave" ce qui signifie "prendre la fuite à la française".
Claude Duneton, dans son livre "La puce à l'oreille", privilégie l'hypothèse selon laquelle les latrines des conscrits à st Cyr se nommaient l'"Anglais". De "pisser à l'anglaise" (partir d'un rendez-vous en prétextant un besoin urgent) à "filer à l'anglaise" il n'y a qu'un pas.
Avoir voix au chapitre
Avoir le droit de prendre la parole pour exprimer une opinion.Etre écouté dans un milieu particulier.
Au Moyen-Age, le collège des chanoines était appelé "chapitre" et par extension cela désignait aussi le lieu (la salle capitulaire) où ils se réunissaient, au sein d'un monastère ou d'une abbaye, afin de discuter des affaires de la communauté.
Chacun des moines était consulté et avait droit de s'exprimer et de donner son opinion contrairement aux serviteurs et aux novices (ces derniers se tenaient d'ailleurs autour du chapitre et suivaient les débats de l'extérieur) ... ils avaient donc "voix au chapitre"!
A noter que le mot "capitulaire" vient du latin classique "capitulum" : « petite tête
Aller au diable vauvert
Aller très loinEnvoyer quelqu'un le plus loin possible de soi, là où se trouve le diable.
Le château de Vauvert ou Val-Vert situé près de Paris (du côté de la barrière d'Enfer), fut construit par Robert le pieux au XIe siècle pour y établir sa résidence. Après son excommunication Philippe-Auguste y habita en y menant joyeuse vie. La légende dit qu'il s'y serait livré à des actes sacrilèges ce qui fit penser que le diable habitait l'endroit. Saint Louis ou Louis IX,son petit-fils, donna le château aux chartreux en 1257 pour le "purifier", un couvent y fut construit et prospéra jusqu'à la révolution.
Ce vallon nommé Vauvert en raison des vignes qui le composaient n'est autre que le Jardin du Luxembourg actuel.
A l'époque médiévale, "aller au diable Vauvert" signifiait entreprendre une expédition périlleuse aujourd'hui, cette expression a plutôt pris le sens d'"aller au diable", aller très loin.
Prendre le Pyrée pour un homme
Confondre deux choses sans rapport.Cette expression est directement tirée de la littérature comme vous le montre l'extrait suivant:
Jean de La Fontaine : "Le Singe et le Dauphin", Fables, Livre IV, 7.
"-Et le Pirée a part aussi
A l'honneur de votre présence ?
Vous le voyez souvent, je pense ?
-Tous les jours : il est mon ami ;
C'est une vieille connaissance.
Notre magot prit, pour le coup,
Le nom d'un port pour un nom d'homme."
Le Pirée (ou Le Pyrée) est le port de la banlieue d’Athènes. Il était relié à la ville par un système défensif, les "Longs Murs".
Un magot, c’est, au sens propre mais péjoratif, un singe.
Si on vous reproche, selon l'expression, de "prendre le pirée pour un homme", c'est qu'il y a confusion entre deux élèments.
EXPRESSIONS D'ENFANTS
Un matin, après avoir déposé la grande sœur à l'école, nous nous approchons de la maternelle du petit dernier alors en première année.
Nous entendons la sonnerie marquant les 8h30 : "Vite dépêchons nous, ça sonne !" lui dis-je alors que nous nous mettons à courir. L’instant d’après, il ralentit et me dis : "Ce n'est plus la peine de courir, ça ne sonne plus !" *** |
"Oh ! Maman, regarde : les montagnes sont accrochées par le ciel !"
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Quelques jours après avoir vu des crocodiles dans un zoo notre fils aperçoit un lézard sur une muraille et il s'écrit: " oh! un petitcodile".
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Après qu'il se soit brûlé la lèvre avec un artichauts, notre fils (4 ans) ne voulais plus que des artifroids.
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Mon frère regarde maman et lui dit : pourquoi tu met des lunettes tu as froid aux yeux ?
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Joséphine, pour son anniversaire veut comme cadeau.... une carte bleue ! comme ça, elle pourra avoir de l'argent, des vêtements et des jouets....
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Alors que je parle depuis plusieurs minutes, Romane m'interrompt: "Arrête, maman, tu vas user tes piles!".
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Pauline, ma fille, a 4 ans et est une élève très sage à l'école. Un jour, elle entend sa maîtresse qui parlait d'elle à une de ses collègues et qui lui disait entre autre : "cette enfant est polie". Pauline s'approche de sa maîtresse un peu énervée et lui dit :
"C'est pas Poli mon prénom, c'est Pauline..." *** |
Sur un chemin de campagne, on voit 2 chevaux dans un pré.
Nicolas : "Regarde Mamy, des cheval." Je lui dis alors : "quand il y en a beaucoup, on dit des chevaux". Et Nicolas me répond : "ben, y en a pas beaucoup, y en a que 2!" *** |
Moi et ma famille, nous sommes a table avec ma belle-mère que j'appelle belle maman je lui dit :"vous voulez du vin belle maman ?" et ma fille repond :"mais papa pourquoi tu l'appelles BELLE maman c'est même pas vrai !"
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Ma petite fille dans un embouteillage : "Allez devant, avancez. Ma maison ne va pas venir toute seule".
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A la naissance de sa petite sœur, j'ai voulu responsabiliser un peu plus mon fils de 4 ans, Guillaume. Aussi, alors que nous sortions de l'appartement de mes beaux-parents, je lui demande d'aller "appeler l'ascenseur" pour le landau. Guillaume se figea en avant vers la porte métallique et cria "Ascenseur, ascenseur !"... en étant déçu de ne pas avoir de réponse !
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La petite fille de mon amie avait commencé à faire du chantage à sa mère si elle ne lui donnait pas ce qu'elle voulait. Fatiguée de ce manège, elle lui dit d'arrêter ce chantage. La petite lui répond en pleurant: " Ce n'est pas du chantage, c'est du braillage."
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"Les grands, ils ont des dents de café!"
Réaction de l'enfant à l'explication que les petits enfants ont des dents de lait qui tombent et qu'ensuite des nouvelles repoussent. Les enfants boivent du lait, alors ils ont des dents de lait, les parents boivent du café, alors ils ont des dents de café ... *** |
Au cirque avec mon petit neveu. Un lanceur de couteaux, d'un geste précis plantait ses poignards autour du corps de sa partenaire attachée sur une planche. A chaque jet, le gamin criait: " Raté, raté, encore raté"
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Ma fille me demande de lui montrer les photos "quand elle était un tout petit bébé". Je les lui montre mais l'album commence par une photo de moi enceinte de 8 mois et demi - ma fille me demande si j'étais malade - je lui dis que non - que c'est elle qui était dans mon ventre - de son air le plus ahuri elle me dit mais pourquoi tu m'as mangé maman ?
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"Loi de la gravité"
Le petit Thomas regarde monter papy sur le toit de la maison pour réparer l'antenne de la télé.
- Papy, si tu tombes de l'échelle tu es mort! - C'est bien vrai mon garçon. Et quand papy arrive sur le toit: - Papy, si tu tombes du toit, t'es encore plus mort! *** |
Un jour que je remplissais ma feuille d'impôts, mon fils me demande ce que c'était. Je lui explique que c'était pour envoyer de l'argent au président pour qu'il construise des écoles ou des routes. Il me répond : pourquoi tu lui envoie de l'argent, il ne peut pas travailler le président ?
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Hugo est à l'arrière de la voiture de Mamy. Tout à coup, Mamy freine brusquement, et injurie le conducteur devant elle: "Avance, conard!". Hugo demande alors à Mamy: "Il est où le canard ?". Mamy hurle de rire.
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Lors d'une visite de Bruxelles, l'oncle de Maël (3ans) nous fait visiter les locaux de la Commission Européenne où il travaille.
C'est l'été, Maël mange une glace en faisant bien attention de ne pas en mettre partout. Il ne voudrait pas salir cet endroit où le sol juste lustré brille sous ses pas. Terminant sa glace, il me regarde, le visage maculé de chocolat glacé:"Papa, il me faudrait un essuie-glace..." *** |
- Regarde maman, j'ai dessiné une brioche de lune...
- Comment ça ? - Beh, y a bien des croissants de lune... *** |
Ma fillette avait 3 ans et s'étonnait du ventre proéminent d'une dame rencontrées lors d'une promenade , et suite à mon explication "elle a un bébé dans le ventre" ma fille, sur un ton horrifié : "elle l'a mangé ?"
*** |
Lors d'une sortie en famille au bowling pour la première fois, ma plus jeune fille, âgée alors de 7 ans, s'approche du râtelier des boules et essaye d'en prendre une d'un beau rouge vif, pensant qu'il s’agit d'un ballon de plage.
N'y parvenant pas, elle tourna aussitôt les talons en disant:"Il est collé !" *** |
Etaient présents nous, les parents, et nos deux enfants Vincent et Corinne.
Nous allions manger du saucisson de Lyon avec une salade de pommes de terre. A l'annonce du menu, Vincent, après un temps de réflexion et un oeil inquiet dit "je sais pas si je vais aimer ça, du lion j'en ai jamais mangé"
***
C'était un soir, en famille.
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Papa prend son bébé dans les bras pour lui faire caresser ses joues après le rasage
"Regarde papa comme il a la peau douce, il n'a plus de poils, il vient de se raser! " En lui mettant l' index dans la narine, du tac au tac, Jérôme ( 2 ans) dit: -"Là, NON!!" *** |
Près de l'aéroport de Perpignan en voyant les avions au sol immobiles en attente de maintenance.
Lucas (6 ans) : Ces avions on besoin de piles neuves mamy, comme le mien ?
*** |
En voiture avec mon époux, c'était le soir et j'ai trouvé qu'il faisait plus frais alors je lui ai demandé comment ça allait, s'il avait froid et voilà la réponse qu'il a eue.
J'ai ni chaud, ni froid, j'ai tiède.
*** |
"Péché mignon" - Céline
Je brossais les cheveux longs de ma fille. - Tu as les cheveux collés et poisseux! Tu as mangé des bonbons ? - Non, des sucettes - C'est pareil ! - Non, c'est pas pareil : les bonbons, c'est des cochonneries, les sucettes, c'est de la gourmandise ! *** |
"La patiblanche" - Yvet, Bordeaux
En rentrant de la patinoire, où il avait passé l'après-midi : Alors, c'était comment la patinoire ? Elle était même pas noire, c'était une pati.. blanche *** |
L'oeuf à la poule." - Yvet, Bordeaux
A la maison, juste avant le repas, devant ses grands frères. 12 et 14 ans de plus que lui. Veux-tu un oeuf à la coque, Aurélien ? Mais maman on dit un oeuf à la poule, c'est pas le coq qui fait les oeufs. *** |
Mon fils âgé alors de 5 ans dit un gros mot et c'était la première fois que je l'entendais le dire. Je le rouspète et lui demande :
''D'abord, où as-tu entendu ce vilain mot ?''
Et il me répond ''dans mon oreille !''
*** |
Cette année-là, à la colonie, il était mis en place, une activité de pipeaux de bambou. Bien entendu, quand on passe à une autre activité, c'est toujours aussi difficile de ranger. La directrice, de retour à la colonie, trouve le tas de bambous à côté de l'entrée. Pas contente du tout, elle demande "Qui est-ce qui m'a laissé ces bambous là ?" Et derrière elle, une petite voix lui demande : "Simone, c'est quoi des bamboulas ?" Et comment voulez-vous être encore en colère après ça !
*** |
Ma petite fille, 5 ans s'arrête devant
un arbre centenaire, le tronc couvert de mousse."Tu as vu papa l'arbre a mis une culotte de velours " *** |
Fanny avait 3 ans, nous prenions l'avion pour rentrer de Corse, elle s'est endormie pendant le voyage, et à l'arrivée elle a dit : "quand l'avion a décollé, je me suis endormie, et quand je me suis réveillée, l'avion avait recollé!"
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Parking sur aire d'autoroute en suisse.
Toute la famille, lors des jeux olympiques d'hiver Turin 2006. Mon fils Luca voit une voiture allemande aux quatre anneaux et me dit : "c'est la voiture des jeux olympiques ?" *** |
Chiotte alors !" - Véronique, Houlgate
Marie avait 5 ans, nous étions en voiture et elle me demande : "maman est-ce-que j'ai le droit de dire chiotte ?" Je lui réponds que non, (pensant qu'elle parlait du "petit-coin") Elle me dit alors : "et comment je fais pour dire un bébé chien qui est une fille ?" en voiture, nous venions d'aller chercher belle-maman à la gare. *** |
Un jour dans le près, Amil un cheval arabe pur sang et de surcroît entier devait penser à une jolie jument. Son membre procréateur avait pris des proportions considérables et déployait un mouvement tantôt de haut en bas et bas vers haut. Elona ma petite fille fut très intriguée du spectacle et me dit : Papy, regarde, Amil a une crotte qui monte et descend !
*** |
Salomé qui est devenue grande ne fait plus au pot mais au WC comme les grandes personnes. Ce jour ayant fini de faire sa « petite commission », elle m’appelle : J’ai fini Papy, viens voir. Je vais voir. En effet, je comprends elle a dû être bien soulagée. Je m’extasie devant l’objet de couleur marron expulsé suite à de grands efforts persévérants. Je la félicite : Tu es grande, tu vas toute seule au WC. Dis-moi, tu t’es essuyé les fesses ?
***
Alors, elle se campe devant moi, ses poings serrés sur ses hanches, me regarde fixement d’un air réprobateur et outré et me lance : Dis-moi Papy, à deux ans et demi, tu t’essuyais les fesses ? …
*** |
Expressions-Animaux
Le chant du cygne
Se dit de la plus belle et dernière réalisation que fait une personne avant de mourir.Cette expression aurait pour origine une vieille légende, véhiculée par Platon qui la raconta à Socrate. Le cygne possède un chant discordant, pourtant ce cygne si particulier, juste avant de mourir aurait émis une merveilleuse mélodie qui toucha tous ceux qui eurent la chance de l’écouter.
Sonner l'hallali
Approche de la fin: de la mort ou de la ruine.L'expression "sonner l'hallali" trouve son origine dans le langage de la chasse à courre."Hallali", interjection et nom masculin, est attesté en 1683 sous la forme ha la ly; son graphisme moderne date de 1751. Composé d'une forme conjuguée de haler ("exciter les chiens") et de à lui sous la forme réduite a li (soit hale à lui), ce terme s'est déformé au cours du temps pour passer de hale a li à hallali. Le cri hallali s'emploie en vénerie pour désigner le moment où l'animal pourchassé est aux abois d'où l'expression «sonner l'hallali" lorsque la sonnerie du cor retentit. Par métonymie, ce terme désignera dès 1877 la mise à mort du gibier.
Etre aux abois
Etre dans une situation désespérée (surtout dans le sens financier).Etre à la dernière extrémité, ne plus pouvoir se défendre.
Pour comprendre l'expression "être aux abois" il faut se replonger dans sa source originelle: la vénerie. En effet lorsque le cerf, après une longue poursuite, s'arrête épuisé sans pouvoir aller plus loin et fait face à ses poursuivants qui l'encerclent, il est"aux abois" c'est à dire entouré par les abois (aboiements) des chiens.
C'est en général ses derniers instants avant l'hallali et la fin de la chasse à courre.
C'est par allusion à cette image du cerf piégé que l'on dit de quelqu'un qu'il est aux abois lorsqu'il se trouve acculé sans possibilité de se défendre, lorsqu'il est dans une situation désespérée après avoir épuisé toutes ses ressources, et qu'il est proche de la ruine ou de sa fin, il est alors à la dernière extrémité.
La bête noire
Se dit de quelque chose ou de quelqu'un que l'on hait ou de ou de quelqu'un qui nous pose de gros problèmes.."C'est ma bête noire!" pourrait s'écrier un collégien en parlant d'une matière qu'il ne comprend pas, où il n'obtient que de mauvaises notes. Cette expression date du XIXe siècle et se disait, en 1689, au temps de Madame de Sévigné, " la bête d'aversion".
Cette bête, animal de terreur, a de tout temps existé. Si tout d'abord la population appelait seulement la "beste" très vite les gens ont fait appel à la "bête noire" lorsqu'il s'agissait de faire peur. L'association d'un animal fantastique, méchant voire sanguinaire avec la couleur noire semble en effet inévitable. Le noir n'a-t-il pas toujours était la couleur du malheur, de la nuit, de la peur et du néant?....Ne croisons jamais un chat noir, les sorcières sont en noir contrairement aux fées, le deuil se porte en vêtements noirs...
Jouer à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf
Vouloir se rendre important.Etre vaniteux.
Cette expression trouve son origine dans une fable de Jean de La Fontaine dont elle a emprunté le titre :"La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf". Dans cette fable la prétention de la grenouille est si conséquente qu'elle lui ôtera la vie...ainsi lorsque quelqu'un est vaniteux à l'extrême, qu'il veut paraître ce qu'il n'est pas il "joue à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf".
Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant: -"Regardez bien, ma soeur;
Est-ce assez? dites-moi: n'y suis-je point encore?"
-"Nenni" -"M'y voici donc?" -"Point du tout". -"M'y voilà?"
"-Vous n'en approchez point". La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
Jean de La Fontaine, (Livre I - Fable 3)
Tuer le ver
Prendre un verre d'alcool le matin à jeun.Il n’était pas rare vers 1900 de donner aux enfants un "p'tit coup de gniole" (ou de calva ou autres en fonction des régions) avant de les laisser partir dans la fraîcheur du matin. Pourquoi? ...pour "tuer le ver".
L'origine de cette expression nous est donnée par Gilles Henry dans son livre Petit dictionnaire des expressions nées de l'Histoire:
En 1519, le "Journal d'un Bourgeois de Paris" relate qu'une jeune femme étant morte subitement, on découvrit à l'autopsie "un ver en vie sur le coeur", qui résista au mithridate mais point à la mie de pain trempée de vin. Le "Bourgeois de Paris" en conclut qu'il fallait "prendre du pain et du vin au matin...de peur de prendre le ver".
Tuer la poule aux oeufs d'or
Détruire par cupidité ou par impatience une source de profits prometteurs.Nous devons cette expression à une fable de La Fontaine.
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la poule, à ce que dit la fable,
Pondait tous les jours un oeuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor:
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les oeufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches!
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus,
Pour vouloir trop tôt être riches!
Conclusion : Il ne faut donc pas "tuer la poule aux oeufs d'or"!
La fable d’Esope inspira celle de la Lafontaine. La voici :
Une oie et son maître
Un homme avait dans sa maison une Oie qui lui pondait chaque jour un oeuf de pur or. Cet homme se persuadant follement qu'il y avait dans le ventre de l'Oie une mine de ce précieux métal, la tua pour s'enrichir tout d'un coup. Mais ayant ouvert le ventre de son Oie, et n'y trouvant que ce que l'on trouve dans les Oies ordinaires, il commença à se désespérer et à jeter de hauts cris ; de sorte qu'il perdit des richesses médiocres, voulant en amasser d'immenses et d'excessives.Avoir un oeil de Lynx
Avoir un regard perçant.Etre très perspicace.
Le Lynx est un félin à la vision nocturne infaillible que les anciens prenaient pour un animal fantastique dont le regard pouvait traverser les murailles. Cette expression apparaît dès 1278 mais ne désigne un homme perspicace qu'en 1690 avec Furetière lequel écrit dans son dictionnaire que le lynx est un animal que la plupart des modernes croient pour fabuleux.
L'origine de cette expression se retrouve dans la mythologie grecque. En effet cette notion de vue transperçante du lynx est sans doute due à la paronymie des mots"Lynx" et "Lyncée". Lyncée étant le pilote argonaute dont la vue perçante a guidé Jason jusqu'à la Toison d'Or.
Etre fier comme un coq / Avoir la fierté d'un coq / Etre fier comme un pou
Se pavaner.Cette expression ironique trouve son origine dans la déformation du mot "pouil" (ancien français) et dans l'instinct de domination propre au coq, roi de la basse cour (se révélant être un redoutable combattant dans ses heures), réveillant le peuple le matin et trônant jusqu'au sommet des églises.
Notons que le coq gaulois deviendra une reprèsentation nationale de la France par un simple jeu de mot latin sur le terme " gallus" qui désigne à la fois le gaulois et le coq. Cependant, si cette image est connue pour représenter la France, officiellement le coq n'est pas un symbole français malgré les tentatives effectuées à ce sujet aux temps de la Révolution, de la monarchie de Juillet et de la Troisième République. En effet, le Coq fut refusé semble t'il à cause de son origine: un animal de basse-cour ne saurait concurrencer les aigles et autres lions des pays voisins.
Le chat est dans l'horloge
Il y a de la brouille dans le ménage."Le chat est dans l'horloge" est une expression typique du nord de la France et fait référence aux violentes disputes de couples qui font fuir tout le monde. En effet lors d'une dispute, en général les gens s'en vont et les animaux se cachent. Les horlogesd'antan (les horloges comtoises) étaient de véritables placards dans le bas desquels pouvaient se réfugier les chats.
Prendre la mouche
S'énerver.Se mettre en colère.
Jusqu'au XVIIe siècle le terme mouche englobe de nombreux insectes volants ou non tels que "la mouche à miel" (l'abeille), "la mouche aux boeufs ou aux chevaux" (taons), "la mouche cornue" (le scarabée) ou encore "la mouche à chien" (la tique). De cette diversité sont nées de nombreuses locutions encore usitées de nos jours. Dans l'expression "prendre la mouche" on fait sans aucun doute référence à la "mouche à boeuf" qui pique pour se nourrir du sang ou du liquide dermique des animaux et des humains. La réaction vive, imprévisible et souvent exagérée des victimes et la rapidité de l'insecte pour échapper à la punition sont à l'origine de cette locution et lui donne le sens d'une colère soudaine et démesurée vis à vis du problème posé.
Furetière définit, dans son dictionnaire en 1690, l'expression "prendre la mouche"comme suit:
On dit aussi prendre la mouche, pour dire se piquer, se fâcher sans sujet et mal à propos. Et lorsque quelqu'un s'emporte, se met en colère sans qu'on sache pourquoi, sans qu'il paraisse en avoir eu le moindre sujet, on demande quelle mouche l'a piqué.
Notons qu'une autre locution apparaît aussi vers le XVIIe siècle et pourrait souligner de manière amusante les réactions d'un public face à la colère inattendue d'une personne:
- la surprise: "Mais quelle mouche l'a piqué?"
- la constatation: "Oooh, il prend la mouche!"
Faire la mouche du coche
S'agiter beaucoup pour n'obtenir aucun résultat.Se sentir indispensable dans une entreprise où l'on n'apporte aucune aide.
Cette expression est directement inspirée de la fable de la Fontaine "Le coche et la mouche". Dans cette fable une mouche se veut être la chef de file d'une diligence en difficulté. En effet passant d'un cheval à l'autre elle les énerve de son bourdonnement tandis que les voyageurs descendent du coche afin de l'alléger. Arriver en haut avec difficulté, la mouche prend tous les honneurs et a le culot de réclamer dédommagement pour son aide.
Cette fable inspirée de "Phédre", souligne, par sa morale, le travers de certaines personnes qui se veulent être indispensables, qui se mêlent de tout et qui ne sont le plus souvent d'aucun secours voire qui s'avèrent être des fléaux pour l'action entreprise.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt:
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires:
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
Jean de La Fontaine, "Le coche et la mouche" (Livre VII - Fable 9)
***
Expression-Mythologie
L'âge d'or
C'est en premier lieu, un âge ou les dieux descendaient souvent de l'olympe. Ils n'hésitaient pas à se mêler aux humains. Après que Zeus eut chassé Cronoset pacifié l'olympe, les hommes étaient heureux, n'étaient jamais malades et ne vieillissaient pas. Ils n'avaient pas à travailler. Le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte. Dans les fleuves coulaient le lait et le miel. C'était l'âge d'or.
LA BOITE A PANDORE
Pandore était la première femme, créée par Héphaïstos sur la demande de Zeus. Zeus remit à Pandore une boîte en lui demandant de ne pas l'ouvrir. Elle contenait tous les maux du monde et un seul bien; l'espérance. Pandore ne put résister à sa curiosité, et lorsqu'elle ouvrit la boîte, tous les maux, les guerres les maladies les querelles et les malheurs s'en échappèrent et se répandirent sur terre. Affolée, Pandore referma la boîte le plus vite possible, mais il était trop tard. Seule l'espérance resta au fond de la boîte.
Au bout de quelques temps, l'espérance demanda à sortir elle aussi afin de consoler les hommes. ( Et personne n'a pensé à y enfermer Pandore ? )
Au bout de quelques temps, l'espérance demanda à sortir elle aussi afin de consoler les hommes. ( Et personne n'a pensé à y enfermer Pandore ? )
Le bonnet Phrygien
Midas roi de Phrygie, fut affublé d'oreilles d'âne par Apollon, pour avoir osé rendre un jugement qui ne lui était pas favorable.
Afin de masquer cette disgrâce, il les cacha sous un bonnet conique maintenu par deux bandeaux. Le célèbre bonnet Phrygien, qui agrémenté d'une cocarde tricolore, allait faire le bonheur de nos révolutionnaires quelques siècles plus tard, était né !
Afin de masquer cette disgrâce, il les cacha sous un bonnet conique maintenu par deux bandeaux. Le célèbre bonnet Phrygien, qui agrémenté d'une cocarde tricolore, allait faire le bonheur de nos révolutionnaires quelques siècles plus tard, était né !
Champs Elysées
Région paradisiaque des Enfers réservée au séjour des âmes légères. En opposition au Tartare réservé aux âmes chargées.( Équivalent au paradis Chrétien ) ( De nos jours, région infernale où il est impossible de trouver un bistrot servant un café à moins de dix euros. )
La corne d’abondance
Zeus, envoyé dès sa naissance en Crète sur le mont Ida par sa mère Rhéa, pour le sauver de la voracité de son père Cronos, était nourri par la chèvre Amalthée qui lui donnait de son lait et jouait avec lui. Un jour, Zeus en s'amusant lui arracha involontairement une corne.
Plus tard, lorsqu'il devint maître de l'Olympe, pour se faire pardonner sa maladresse, il fit sortir à profusion et à volonté des fleurs et des fruits de cette corne cassée, et l'offrit aux nymphes du mont Ida, pour les remercier de s'être bien occupé de lui. (elles auraient préféré de la bière et des sandwiches mais n'osèrent pas décevoir Zeus)
Quand à la chèvre Amalthée, il la transforma en constellation et la plaça sur la voûte céleste.
Plus tard, lorsqu'il devint maître de l'Olympe, pour se faire pardonner sa maladresse, il fit sortir à profusion et à volonté des fleurs et des fruits de cette corne cassée, et l'offrit aux nymphes du mont Ida, pour les remercier de s'être bien occupé de lui. (elles auraient préféré de la bière et des sandwiches mais n'osèrent pas décevoir Zeus)
Quand à la chèvre Amalthée, il la transforma en constellation et la plaça sur la voûte céleste.
Epée de Damoclès
Damoclès jalousait sans cesse et en public, le bonheur de Denys, tyran de Syracuse.
Excédé, Denys l'invita un jour à un banquet, lui fit revêtir des habits royaux et lui fit servir les mets les plus raffinés, entouré des plus jolies filles qui lui prodiguaient mille caresses.
Damoclès était enchanté et profitait avec bonheur de tous ces avantages lorsque Denys lui demanda de regarder au dessus de lui.
Damoclès vit alors avec terreur une lourde épée nue pointée sur sa tête et suspendue par un unique et fragile crin de cheval.
Voila, lui dit Denys, le revers de la médaille. J'ai quelques avantages mais ne peux en jouir sans méfiance. Je dois toujours être sur mes gardes et me méfier de tout.
Damoclès comprit aussitôt la parabole.
Excédé, Denys l'invita un jour à un banquet, lui fit revêtir des habits royaux et lui fit servir les mets les plus raffinés, entouré des plus jolies filles qui lui prodiguaient mille caresses.
Damoclès était enchanté et profitait avec bonheur de tous ces avantages lorsque Denys lui demanda de regarder au dessus de lui.
Damoclès vit alors avec terreur une lourde épée nue pointée sur sa tête et suspendue par un unique et fragile crin de cheval.
Voila, lui dit Denys, le revers de la médaille. J'ai quelques avantages mais ne peux en jouir sans méfiance. Je dois toujours être sur mes gardes et me méfier de tout.
Damoclès comprit aussitôt la parabole.
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EXPRESSIONS DIVERSES
En mettre sa main au feu
Au Moyen-Age, l’épreuve du feu permettait de prouver ou non l’innocence ou la culpabilité de quelqu’un : le suspect devait porter une barre de fer fougie au feu...si ces mains ne portaient aucune trace de brûlure, il était absous.
Se faire l’avocat du diable
L’expression vient du Vatican. On appellait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation
L’expression vient du Vatican. On appellait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation
Tenir le haut du pavé
Autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser.
Autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser.
Il existe deux versions. L’expression viendrait du drap de trentain, tissu de qualité et coûteux. Une autre version lui attribue son origine au jeu de carte le "31", très en vogue au XIXème siècle. Le 31ème point étant le gagnant.
Sous l’égide de...
L’égide était le bouclier de Zeus recouvert de la peau de la mythologique chèvre Amalthée.
Athéna y avait fixé pour son père la tête de la Gorgone, lui garantissant ainsi l’invulnérabilité.
Des yeux de lynx
Rien à voir avec le superbe félin ! Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote d
Une image d’épinal
Vient du nom d’un imprimeur à Epinal, dans les Vosges, qui, pendant la révolution, devint célèbre en imprimant des images populaires, très colorées et naïves.
Une voix de stentor
Stentor était un guerrier grec dont la voix était aussi forte que 50 hommes
Etre médusé
Vient de la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croi
Etre laconique
Les habitants de la Laconie, les spartiates étaient réputés pour leur austérité de moeurs mais également de langage, d’une rare briéveté. Ainsi, pour annoncer à leurs concitoyens la victoire sur Athènes et la fin de la guerre du Péloponèse, ils se contentèrent de dire : "Athènes prise".
Etre sur la sellette
Au XVIIème siècle, la sellette était un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir l’accusé. Le siège était si bas qu’il faisait prendre au-dit accusé une posture humiliante.
Une loi draconnienne
Du nom du législateur Dracon qui donna ses premières lois à Athènes (VIIème siècle av JC). Elles étaient si dures (la mort était la sentence pour toute faute, si minime qu’elle fut) qu’on les disait "écrites avec du sang".
Brûler ce qu’on a adoré
C’est à l’occasion du baptème de Clovis (et de ses 3000 guerriers) que cette phrase a été prononcée par l’évêque Saint Rémi : "Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré".
Battre la chamade
Rien à voir avec le battement d’un coeur amoureux : la chamade était un signal militaire que donnait les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre ou engager des pourparlers.
Une égérie
Egérie était une nymphe qui était la conseillère du légendaire roi de Rome, Numa Pompilius. Elle lui dictait des lois qu’il appliquait ensuite pour Rome.
Une panacée
Vient du Grec "pan", tout et "akos" qui signifie remède.
Panacée était une déesse grecque qui savait soigner toutes les maladies.
Le serment d’Hippocrate que prononce encore les médecins commence ainsi : "je jure par Appolon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée..."
Une vérité de La Palice
Le courageux Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice est mort au combat à Pavie en 1525... c’est tout ce que l’on sait de lui. Ses soldats composèrent une chanson vantant ses mérites de preux guerrier. Celle-ci fut déformée et transformée par on ne sait qui et demeure associée au personnage historique : "Monsieur de La Palice est mort, est mort devant Pavie, un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie.
Se mettre en rang d’oignons
Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés !
L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour des valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : "serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs"... et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
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