lundi 1 septembre 2014

Conseils d'Auteurs

Conseils d'Auteurs
Techniques d'écriture


Mickael Moorcock

Mickael MoorcockSi la chose est possible, faites en sorte d’introduire vos personnages, vos situations ou vos théories pendant que l’action avance. Cela permet de préserver la tension dramatique.
____
Utilisez la carotte et le bâton : votre héros est poursuivi par une obsession ou par le méchant et il poursuit lui-même un idéal, une personne, une réponse.


Kurt Vonnegut

Kurt VonnegutChaque personnage doit vouloir quelque chose, même si c’est un verre d’eau.
____
Chaque phrase doit faire au moins l’une de ces choses : faire avancer l’intrigue ou dévoiler un aspect d’un personnage.
____
Soyez sadique. Peu importe à quel point vos personnages sont charmants et innocents ; faites en sorte que des choses terribles leur arrivent, afin de révéler au lecteur de quoi ils sont capables.
____
Adressez-vous à une seule personne. Si vous ouvrez la fenêtre avec le désir de faire l’amour au monde entier, votre histoire attrapera la pneumonie.
____
Voici un conseil d’écriture : n’utilisez jamais les points-virgules. Ce signe est un travesti hermaphrodite qui ne signifie absolument rien. La seule chose qu’il fasse, c’est indiquer que vous avez été au collège.


Zadie Smith

Zadie SmithArrêtez de jouer les romantiques avec votre "vocation". Ou vous savez écrire de bonnes phrases ou vous ne savez pas. Il n’y a pas un "style de vie d’écrivain". La seule chose qui compte, c’est la qualité de ce que vous laissez sur le papier.
____
J’essaie de lire équilibré comme on dit qu’on mange équilibré : si vos phrases sont trop amples, ou baroques, réduisez votre consommation de Foster Wallace, et mettez-vous à Kafka, comme l’on se fait une cure de légumes crus. Si votre esthétique est devenue si raffinée qu’elle vous empêche de coucher un seul mot sur le papier, arrêtez de vous inquiéter de ce qu’en dirait Nabokov : prenez donc du Dostoïevski, pour qui le style était moins important que la matière.

Stephen King

Stephen KingSi vous voulez devenir écrivain, il y a deux choses que vous devez faire davantage que les autres gens : lisez beaucoup et écrivez beaucoup.
Si vous n’avez pas le temps de lire, vous n’avez pas le temps - ni les outils - pour écrire. C’est aussi simple que ça.
____
En tant qu’auteur, j’ai toujours considéré que la qualité de l’intrigue avait priorité sur toutes les autres facettes du talent de l’écrivain. La psychologie, le thème, le style, tout cela devient secondaire si l’histoire est ennuyeuse. Et, si le récit vous tient en haleine, vous serez disposé à toutes les indulgences.
____
C’est tout à fait utile d’avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c’est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice. L’art, c’est la persistance de la mémoire. 

George Orwell

George OrwellUn écrivain scrupuleux devra se poser au moins quatre questions pour chacune des phrases qu’il écrit :
Que suis-je en train de dire ?
Quels mots dois-je utiliser ?
Quelle image, quelle construction sera la plus claire ?
L’image est-elle assez inventive pour avoir un effet ? 
Et il se posera sans doute deux autres questions :
Puis-je faire plus court ?
Ai-je écrit quelque chose de laid qui pourrait être évité ?
On peut souvent douter de l’effet d’un mot ou une phrase, et il faut des règles sur lesquelles compter quand l’instinct échoue. Je pense que les règles suivantes couvriront la plupart des cas : 
  • Ne jamais utiliser une métaphore, une comparaison, ou une autre figure de style que vous êtes habitué à lire dans la presse.
  • Ne jamais utiliser un mot long quand un mot court peut le remplacer.
  • S’il est possible de supprimer un mot, supprimez-le.
  • Ne jamais utiliser la forme passive si vous pouvez utiliser la forme active.
  • Ne jamais utiliser une expression étrangère, un mot scientifique, ou un mot de jargon si vous pouvez le remplacer par un équivalent de tous les jours.
  • Déroger aux règles plutôt que d’écrire quelque chose de barbare.

Neil Gaiman

Neil GaimanSouvenez-vous : quand les gens vous disent que quelque chose ne va pas ou ne fonctionne pas pour eux, ils ont presque toujours raison. Quand ils vous disent avec précision ce qui ne va pas et comment régler le problème, ils ont presque toujours tort.
____
Commencez à écrire une histoire que vous serez seul à pouvoir écrire, car il y aura toujours des écrivains plus doués ou plus malins que vous, il y aura toujours des gens capables de faire mieux que vous dans tel ou tel domaine. Mais il n’y a qu’une seule personne qui soit vous.

Bernard Weber

Bernard WerberLa seule motivation honorable (pour écrire) me semble être : parce que l’acte d’écrire, de fabriquer un monde, de faire vivre des personnages est déjà une nécessité et un plaisir en soi.
____
Beaucoup de romanciers, surtout en France, font du joli pour le joli. Ils enfilent les phrases tarabiscotées avec des mots de vocabulaire qu’il faut chercher dans le dictionnaire comme on enfile des perles pour faire un collier. Cela fait juste un tas de jolies phrases. Pas un livre.
____
Il est beaucoup plus difficile de plaire au large public qu’à un groupe de soi-disant arbitres des élégances. Faire simple et clair réclame beaucoup plus de travail que de faire grandiloquent, incompréhensible, et rempli de sous-entendus que l’auteur est le seul à connaître.
____
Ne pas avoir peur de tout recommencer. En général le premier jet est imparfait. On a donc deux choix, soit le rafistoler comme une barque dont on répare les trous dans la coque avec des bouts de bois, soit en fabriquer une autre. Ne pas hésiter à choisir la deuxième solution.
J’ai refait 120 fois "les fourmis" et franchement les premières versions n’étaient pas terribles.

Gérard Klein

Gérard KleinLa première constatation pénible dans l’exercice de l’écriture est que le texte RENCONTRERA tôt ou tard un lecteur et qu’il doit plaire à ce lecteur ou plus précisément encore le séduire. Le lecteur donne toujours quelque chose à l’auteur, du temps, de l’argent et de préférence pour l’auteur : les deux. Il exige, en échange, d’être distrait. Cette exigence peut prendre la forme d’une intense excitation intellectuelle, d’une formidable exaltation esthétique ou plus banalement d’une identification à un personnage exotique, mais elle a toujours le même sens, totalement égoïste du point de vue du lecteur, être ravi. S’il s’ennuie, il s’en ira et pis, s’en souviendra.
Le lecteur est sans volonté aucune, capricieux, inconstant, conformiste, dénué de courage et de la plupart des valeurs qui rendent la vie en société à peu près supportable, et qui plus est, hargneux : c’est un être tout à fait méprisable mais malheureusement indispensable à l’activité de l’auteur. Sa seule excuse est que la lecture est généralement un exercice solitaire et qu’il se comporte donc comme font les gens lorsqu’ils savent ou croient que personne ne les observe : épouvantablement mal. Le psychanalyste aura reconnu au passage une figure quasi-emblématique de la régression. La leçon que l’auteur doit en tirer, c’est qu’il doit prendre au piège le lecteur, l’introduire dans son rêve et surtout ne jamais le réveiller avant la fin du texte. De manière générale, veiller au plaisir du lecteur qui est, comme chacun sait, dans tout rêve, de satisfaire un désir, assez rarement masochiste bien que cela se voie.
On m’objectera que l’auteur qui, lui, est altruiste, original, courageux, persévérant et, de façon générale animé des intentions les plus généreuses, cherche précisément à éveiller le lecteur à des réalités ou à des idéaux plus élevés, à dissiper les illusions sociales ou métaphysiques qui obscurcissent son entendement, etc. Mais je rétorquerai finement qu’il est plusieurs usages du sommeil et du rêve, en particulier pédagogiques, et que l’auteur qui a fait parcourir son rêve de bout en bout par un lecteur à l’état médusé laissera bien quelques traces dans ce lecteur réveillé.
Je ne m’inquiète du reste pas du tout ici des intentions de l’auteur mais, en honnête sophiste, des procédures qui visent à le satisfaire et je répète qu’il faut d’abord endormir l’incrédulité du lecteur et ensuite le mener aussi doucement qu’il sera nécessaire pour ne jamais le réveiller. Car s’il se lève et jette le livre, la meilleure intention est perdue.
Il faut donc une histoire, à cette histoire une idée et qu’elle soit raisonnablement originale mais pas trop peut-être, si tant est qu’une idée puisse être trop originale, ce dont je doute, et encore que cette idée, dans son développement, demeure suffisamment vraisemblable pour ne pas solliciter exagérément la crédulité du lecteur.
(Texte extrait du n°11 de la revue "Nous les martiens" - Nov. 1987)

En vrac

andrew motion
Pensez avec vos sens autant qu’avec votre cerveau.

Andrew Motion

anton tchekov
Ne me dites pas que la lune brille. Montrez-moi le reflet de sa lueur sur un verre brisé.

Anton Tchekov
Henri Miller
Quand vous n’arrivez plus à créer, vous pouvez encore travailler.
Henry Miller
Ray bradbury
La quantité produit de la qualité. Si vous ne produisez qu’au compte-gouttes, vous êtes fichu.

Ray Bradbury
Elmore Leonard
J’essaye de supprimer les passages que les gens sautent.

Elmore Leonard
James Patterson
Je fais toujours comme si j’étais assis en face d’un groupe de personnes. Je leur raconte une histoire et je ne veux pas qu’ils s’en aillent avant que je ne l’aie terminée.
James Patterson
Mark Twain
Dans vos écrits, remplacez toujours le mot "vraiment" par le mot "foutrement". Ainsi, vous serez sûr que votre éditeur rayera cet adverbe et votre texte trouvera sa forme juste.

Mark Twain

Ads by CoupoScaannnearAd Options
John Steinbeck
Si vous usez de dialogues, prononcez-les à haute voix au moment où vous l
es écrivez. C’est le seul moyen pour qu’ils sonnent comme des paroles.

John Steinbeck
Saul Bellow
Vous n’avez jamais besoin de modifier quoi que ce soit à quelque chose que vous vous êtes levé en pleine nuit pour écrire.

Saul Bellow
G.K. Chesterton
Je dois mon succès au fait d’avoir écouté avec une attention respectueuse les meilleurs conseils, puis de m’être éloigné pour faire exactement le contraire.

G.K. Chesterton
W. Somerset Maugham
Il y a trois règles importantes pour écrire une bonne histoire. Malheureusement, personne ne les connaît.

W. Somerset Maugham
Ernest Hemingway
La prose, c’est de l’architecture, pas de la décoration d’intérieur.
Ernest Hemingway
Lev Grossman
Ne prenez les conseils de personne trop au sérieux.

Lev Grossman
Jack Kerouac
Vous êtes toujours génial.

Jack Kerouac
David Morrell
Parler des émotions n’incitera pas un lecteur à les ressentir. Par exemple, la phrase : « Il est triste. » n’évoquera aucune tristesse. Le lecteur doit vivre la situation dans l’histoire, expérimenter ce que le personnage expérimente.

David Morrell
Dany Laferrière
Quand vous cherchez sans succès depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : « il pleut ».

Dany Laferrière

Edgar Poe

Edgar PoeLes règles imaginaires d’Edgar Poe 

Ce qui suit n’a pas réellement été proposé par Edgar Poe. Mais s’il avait dressé une liste de conseils d’écriture, elle ressemblerait peut-être à ce qui suit :
  • Employer un narrateur peu fiable, de préférence quelqu’un qui ne sait pas qu’il est fou, quelqu’un capable de profaner la tombe de sa maîtresse récemment décédée pour lui arracher les dents et qui aura tout oublié de ses actes dès le lendemain matin.
  • Inclure une belle femme avec une chevelure de corbeau et une peau de porcelaine, de préférence assez jeune. Faites en sorte qu’elle meure tragiquement d’un mal inconnu.
  • Utilisez des expressions grandiloquentes, comme "jusqu’à dorénavant", "séance tenante", et "pour l’éternité". Un peu de latin permettra également d’améliorer le texte.
  • Ne pas hésiter à pousser le grotesque dans l’ivresse, l’emprisonnement, la folie et les hommes déguisés en orangs-outans qui meurent carbonisés.
  • En cas de doute, enterrer quelqu’un vivant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire