samedi 8 novembre 2014

DRM ou pas DRM ? Verrou good question !

DRM ou pas DRM ? Verrou good question !

kindleDRM

C’est quoi ?
Les DRM (Digital Right Management) sont les règles de gestion des droits des fichiers numériques.
Leur objectif est de protéger les œuvres contre le piratage, mais aussi de permettre de gérer une durée autorisée de lecture  (par exemple pour le prêt en bibliothèque). Dans ce cadre, les DRM permettent de gérer les ressources via les durées d’emprunt.
Pour favoriser la construction de l’offre numérique, les éditeurs ont utilisé cette mesure de protection afin de rassurer les auteurs quant aux précautions prises pour protéger leurs œuvres contre les risques de piratage.
L’outil disponible sur le marché pour répondre à cette attente est exploité commercialement par la société Adobe.
Par conséquent, cette assurance a un coût supporté par l’éditeur qui souhaite utiliser un DRM Adobe Acs4. Il paye ainsi une redevance à la société Adobe pour chaque fichier vendu.
Soit un coût supplémentaire dans la composition du prix d’un livre électronique.
Notons que l’utilisation des DRM Adobe est la norme sur des marchés numériques forts comme aux États-Unis. Et par ricochet, les auteurs et agents peuvent dans certains cas véhiculer cette pratique en Europe, lors des négociations de contrats avec les éditeurs français.
Le paysage des libraires numériques aux États-Unis est un peu différent : fortes parts de marché des revendeurs avec DRM propriétaires « équivalentes » à Adobe (Amazon, Barnes & Noble, Apple, Google, Kobo, etc.). Par conséquent, en pourcentage des ventes, le DRM Adobe est beaucoup plus présent en France, et en Europe en général, qu’aux États-Unis.
Efficacité ?
… Pas vraiment, même si c’est illégal, les possibilités techniques de « cracker » ces DRM sont très accessibles. Le pirate pouvant pirater quand même, l’objectif même de ces DRM est donc fragilisé.
Ne restent alors que les problèmes…
… Les problèmes ?
Pour les lecteurs
Les DRM se révèlent contraignantes pour les lecteurs, car la lecture de l’œuvre nécessite la création d’un compte Adobe (une première fois). C’est ensuite que le livre pourra être lu. L’installation n’est possible que sur 6 appareils (5 + 1 renouvellement par an), mais ces appareils doivent être liés au même compte Adobe. En clair, l’acheteur est le lecteur, pas de possibilité de prêt ou de don. La présence de DRM constitue alors un frein à l’achat.
Pour les revendeurs
Les libraires numériques doivent donc s’armer de tutoriels avant-vente sur les sites, pour accompagner leurs clients, et surtout après-vente. En effet, même si techniquement tout est opérationnel, l’usage nécessite parfois un accompagnement, ce qui oblige les libraires à dédier des ressources spécifiques pour le service après-vente.
Tous les libraires ? Non. Et c’est bien là le second aspect du problème.
Disparité concurrentielle
En effet, plusieurs acteurs majeurs utilisent leurs propres DRM. On parle de DRM propriétaires. En fait, les contraintes sont équivalentes à celles du DRM Adobe, mais le lecteur ne s’en rend pas compte. Il se connecte à son compte client pour charger un titre et peut le lire sur son appareil de lecture de la même maison. Apple, Amazon, Google sont dans ce cas de figure…
Les alternatives ?
Le tatouage numérique
Plus de contrainte technique pour le lecteur mais une traçabilité.
Le marquage d’un ePub se déroule en plusieurs phases. Un numéro est d’abord généré à partir des informations reçues lors de la transaction (référence, information client…). Avec ce numéro seul, il est impossible de retrouver le nom du client ou le magasin en direct. Ce numéro est ensuite placé dans l’ePub de multiples façons, visibles (filigrane, en couverture) ou de manière invisible.
Tant qu’un client garde l’ePub pour lui, personne d’autre ne pourra voir les informations inscrites dans le fichier. Si un titre est déposé sur un site torrent ou rendu accessible au grand public sans respect du droit d’auteur, une action pourra être entreprise pour retrouver celui qui a acheté le titre.
Le but du watermark est d’améliorer l’expérience de l’utilisateur au moment où il souhaite lire un livre en lui évitant tout problème lié aux DRM qui rendent l’achat et la lecture parfois frustrants. Ainsi l’utilisateur peut lire partout où il veut et sans être ensuite emprisonné lors de ses futurs achats dans un modèle fermé comme celui que propose par exemple Amazon.
Seconde solution
Pas de DRM du tout. Le fichier est sans règle de gestion.
Vers une solution universelle : Readium ?
Dans la continuité du travail de concertation réalisé à l’IDPF, le projet Readium, en matière de DRM, est très attendu.
Dans les grandes lignes : une DRM plus légère, plus besoin de compte, transfert possible entre appareils, le tout porté par une fondation et non un acteur économique.
Plus d’infos sur les bases du projet : http://idpf.org/epub-content-protection

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